Créer une nouvelle force politique à gauche

Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 09:58
- Par pierre laporte

Voici ma réponse à la critique reçue du texte de la lettre ouverte

 

le texte reçu:

La FASE veut des places. Rien de plus normal. La cuisine électorale est nécessaire mais elle ne doit pas polluer le débat, et donc elle doit se faire en interne. Les griefs sur l’organisation des assemblées citoyennes dans une lettre publique, associés à des desiderata électoraux, donnent l’impression que les premiers sont juste un moyen de pression pour avoir des places. C’est exactement ce qu’ont fait le PS et EELV, avec le résultat que l’on sait. Si la FASE voulait plomber le Front de Gauche, elle ne s’y prendrait pas autrement. Est-ce qu’il y a quelqu’un chez vous qui réfléchi avant de parler ? Donc sur le fond, d’accord, mais sur la forme, pas d’accord.

Ma réponse:

La FASE ne veut pas "des places" elle veut que la diversité du FDG, de ses organisations et des citoyens sans appartenance politique soit représentée par les candidats du FDG. Pourquoi? Parce que cette diversité est essentielle pour rassembler largement.Parce que cette diversité doit être cosubstantielle. Le débat doit "rester interne", non car dans trop de départements il n'y a pas d'assemblées citoyennes, la dynamique que nous voulons créer est freinée pour des pseudos intérêts d'appareil ou parce que l'on a peur de froisser le PS.

Contrairement à ton exemple, EELV négocie des places pour être certaine d'avoir des élus, nous nos candidats à part nos trois sortants n'ont quasiment aucune chance d'être élus.

Si nous voulons que notre front pèse dans la vie politique et construire une force politqiue nouvelle capable de porter l'alternative sociale et écologique, il faut que ce débat devienne public et ne soit pas un débat de cuisine électorale.

Enfin, lisez bien toute la lettre et continuons le débat.

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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 09:13
- Par pierre laporte

Lettre ouverte au PCF, au Parti de Gauche et à la Gauche Unitaire

Aujourd’hui, l'urgence pour notre pays c’est la mise en œuvre d’une réelle alternative à gauche. Bien sur, le départ de Sarkozy est indispensable mais en créant les conditions qui empêchent le retour de la droite par la mise en œuvre d’une autre politique fondée sur l’humain plutôt que sur la finance.

La politique de santé est attaquée les droits sociaux saccagés, des universités sont en faillite, les étrangers traqués, la TVA « sociale » annonce de nouveaux cadeaux au capital et une montée du chômage. Oui, vraiment il y a urgence !

Dans ce contexte nous avons à faire un travail considérable de mobilisation, un travail du même type que celui accompli pour le non au référendum, mais d’une plus grande ampleur.

Nous avons l’absolue nécessité de rassembler tous ceux qui veulent ce changement et qui viennent d’horizons différents. Ecologistes car notre alternative ne peut être qu’écologiste et sociale. Communistes, Républicains, Socialistes déçus, anticapitalistes, indignés en recherche de perspectives, acteurs du mouvement social, syndicalistes, tous marqués par des échecs et des renoncements, des querelles de chapelles et des divisions sans fin.

Mais au-delà tous ces salariés en lutte pour que leur travail soit reconnu à sa juste valeur, enseignants contre les projets destructeurs de l’école, « indignés » de tous bords,  salariés des entreprises que l’on jette à la rue car pas assez « rentables » sans qu’à un seul moment on discute de l’utilité sociale de celles-ci ni du coût social de leurs licenciements. .Les jeunes des quartiers populaires dégoûtés de la politique. Mais aussi ces ouvriers, ces chômeurs qui voient leur vie se dégrader et qui, désillusionnés, pensent que gauche ou droite c’est pareil et qui ne vont plus voter ou sont attirés par les illusions dangereuses du Front National.

Tous ceux la et bien d’autres, nous voulons les rassembler.

C’est l’objectif que la FASE s’est donné depuis sa création. En juin 2011, au vu de  vos réponses, nous avons décidé de participer au Front de Gauche, celui-ci représentant la seule tentative actuelle de rassemblement de la gauche de gauche. Nous voulons que ce front évolue, s’ouvre à d’autres, accueille des citoyens non encartés, des syndicalistes, des acteurs du monde associatif et que chacun s’y retrouve à égalité de droits et de devoirs, divers mais rassemblés.

Aujourd’hui nous mesurons le chemin parcouru, la création d’assemblées citoyennes, le réel intérêt qui se manifeste autour de notre candidat commun Jean Luc Mélenchon, l’espoir que notre Front suscite chez beaucoup de gens, son élargissement à d’autres forces. Bref nous avons avancé, mais hélas trop de freins, d’obstacles, d’inutiles divisions, nous empêchent encore de donner toute la dynamique nécessaire aujourd'hui.

Dans trop de départements et de circonscriptions, des organisations politiques du FDG sont repliées sur une vision étroite de leurs intérêts de parti ou entravées par des liens de dépendance au PS.

Cela se traduit par des freins à la création d’assemblées citoyennes parfois même à des refus d’en créer, par la volonté d’en limiter les débats ou dans la dernière période d’en faire de simples comités de soutien aux candidats aux législatives.

On pourrait penser que des candidatures issues des autres composantes du FDG ou du mouvement social allaient de pair avec la conception d’un front élargi. Dans une situation bien différente, certes, Izquierda Unida a su le faire en Espagne.

Or, depuis des mois maintenant, les discussions n’aboutissent qu’à la proposition d’environ 5 ou 6 candidatures, les autres devraient rester chasse-gardée du PCF, du Parti de Gauche et de Gauche unitaire. Ces « vieilles habitudes » qui reviennent au galop sont destructrices pour les capacités de rassemblement.

Faisons une proposition. Est-ce que vos trois organisations  ne peuvent pas accepter que 10% des candidatures, c'est-à-dire un peu plus de 50 candidats, soient réservées pour d’autres formations du FDG, ou issues des propositions des assemblées citoyennes ! Nous choisissons un chiffre assez bas pour ne pas vous sembler excessif tout en étant significatif d'une véritable ouverture : serait-ce une proposition tellement audacieuse  qu’elle vous ferait peur ?

Il y a des périodes comme cela ou il faut accorder les paroles et les actes. Faute de quoi c'est l'ensemble de la démarche qui sera décrédibilisée aux yeux mêmes de celles et ceux que nous voulons associer.

Le temps est compté.

Soit nous créons ensemble et de façon visible une dynamique forte, comme en 2005, qui marquera les élections Présidentielle et Législatives et permettra de construire un Front durable capable de faire vivre dans les urnes et dans les luttes la construction d’une alternative sociale et écologiste à la société capitaliste.

Soit que renfermés sur nos petits intérêts particuliers, nos replis identitaires ou notre incapacité à sortir du modèle social libéral, nous perpétuerons des habitudes politiques dont se détourne un nombre croissant d'électeurs et nous n’irons pas jusqu’au bout des espoirs que nous avons suscité.

Nous ne reprendrons pas l’expression ancienne « Il faut changer de braquet ». Malgré tout, elle donne sens à ce que nous avons à faire,  aux responsabilités qui sont les nôtres, aux possibilités considérables qui nous sont offertes et à l’urgence de changer de société.

Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique

Paris le 9 Janvier 2011

 

 

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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 20:38
- Par pierre laporte

Suite à une large consultation décentralisée des membres, collectifs et composantes de la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), son Collectif d'Animation National s'est réuni le samedi 11 juin 2001 à Saint-Denis, et il a adopté la déclaration suivante.

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Déclaration du CAN de la FASE du 11 juin 2011

 

Face à la gravité de la situation démocratique, sociale et écologique, la FASE affirme l’urgence d’un rassemblement, un front anticapitaliste qui, tout à la fois, refuse de participer à une majorité dominée par le PS et ses options et porte des propositions liant mobilisations et exigences afin de permettre une transformation de la gauche, pour une alternative sociale et écologique, féministe et antiraciste.  

Il s’agit de ne plus laisser subsister la séparation entre les combats institutionnels et les mobilisations qui sont à la fois sociales, écologiques, politiques et culturelles. Un large rassemblement est un moyen pour mettre massivement en débat et faire avancer les conditions économiques, sociales et politiques sans lesquelles il n’y a pas de réelle alternative.

L’enjeu est d’importance. Le risque est réel de voir s’enliser le potentiel transformateur de la colère sociale. Les exemples de l’Espagne et du Portugal viennent de le rappeler. De plus, l’alternance « gauche molle » / « droite dure » et l’absence de construction politique alternative fait le lit de l’extrême-droite. Il y a donc une réelle urgence à engager un nouveau processus. 

Plusieurs initiatives, de natures très différentes, manifestent l’importance des attentes unitaires et la forme que cela peut prendre d’ores et déjà, en lien avec des mobilisations : « Limousin Terre de Gauche », l’appel adopté à Auch le 28 mai par des militant-e-s de diverses sensibilités, « l’appel pour une dynamique populaire du front de gauche »… Les mobilisations en Europe de type « les indignés » montrent elles-aussi à leur manière des capacités de rassemblement et des recherches de pratiques alternatives.

La FASE constate que le Front de gauche (FDG) constitue une ébauche de rassemblement. Elle a proposé au FDG de développer ensemble un front pour l’alternative, à la gauche du PS et des secteurs d’Europe-Écologie-Les-Verts qui sont soumis au libéralisme, dans la suite de ce qu’il a mis en chantier et des projets qu’il affirmé encore le 31 mars.

La FASE constate que les organisations du FDG ont répondu nationalement de façon positive à une grande partie de ses demandes et qu’elles proposent elles-mêmes de dépasser le cadre d’un simple cartel d’organisations.

La FASE se félicite de l’existence d’assemblées de citoyens et de militants qui permettent de lancer les bases larges et dynamiques d’un véritable front d’unité populaire. Elle appelle à en constituer sans tarder, localement et dans tous les départements, avec les camarades du Front de Gauche, des organisations qui le souhaitent et tous ceux et toutes celles qui le veulent, pour une alternative de rupture à gauche, sociale et écologique.

La FASE souhaite que le FDG dépasse et transforme son cadre actuel. Pour nourrir une dynamique d’alternative puissante et populaire, il faut créer une convergence de tous les courants de la gauche de gauche, les secteurs de lutte, associatifs et syndicaux, pour un large front ouvert aux citoyens. Certains groupes, comme Convergences et Alternative, ont déjà fait savoir leur volonté de participer à cet élargissement et à cette transformation.

La transformation du Front de gauche s’est traduite de façon différenciée selon les localités et les départements. Seule la pratique commune, en construisant un véritable front large (politique, syndical, associatif, citoyen) permettra d’affirmer cette force et cette dynamique. Rien n’est joué : les initiatives sociales, les engagements, les campagnes mais aussi les transformations acceptées par les trois organisations à l’origine du Front de gauche devront être évalués pour pouvoir confirmer le choix que nous faisons aujourd’hui.

Notre démarche continue donc à s’adresser aussi aux groupes politiques de la gauche d’alternative : Alternatifs, courants écologistes antilibéraux, FSQP, NPA, objecteurs de croissance, PCOF, etc.

Il faudra bien que le FDG dans son état actuel accepte de respecter la diversité, de donner une place suffisante aux composantes qui veulent y participer. C’est une nécessité pour que la gauche de transformation trouve sa place à la hauteur des enjeux. Cela vaut pour les candidatures aux législatives comme pour l’animation des campagnes.

La FASE est regroupée sur des objectifs de transformation sociale et écologique. Elle veillera, en stimulant ses liens d’organisation fédérative, à ce que ce processus de transformation du FDG soit un progrès, partout, dans des situations très diversifiées. Quand les obstacles à l’unité seront grands, nous prendrons collectivement les moyens pour que les militant-e-s puissent agir, regrouper, et ainsi créer les conditions d’une alliance. En tout état de cause, ce sont les collectifs locaux et leurs coordinations qui décideront en toute autonomie de leurs choix pour cette période.

Sur ces bases, la FASE souhaite donc développer un processus de discussion avec le Front de gauche dans la perspective de participer à un Front de gauche transformé. Cette démarche s’inscrit dans la perspective des élections présidentielles et législatives de 2012. Mais ce rassemblement ne peut pas se réduire à sa dimension électorale. Il doit également participer au développement des mobilisations. Il doit aussi être un outil pour mener largement la bataille des idées, pour mettre au cœur du débat public la question du projet de société.

Dans ce débat, la FASE veut porter en premier lieu des exigences d’appropriation sociale pour sortir des rapports d’exploitation ; de changement de mode de production et de consommation pour sortir du productivisme et répondre à la crise écologique ; de développement des droits ; de transformation démocratique. Dans ce cadre, l’exigence d’une constituante est incontournable. La FASE portera les axes de rupture définis dans le texte « Osons la révolution démocratique ! »[1] adopté lors de sa Coordination Nationale des 2 et 3 avril 2011.

Pour une candidature commune à la présidentielle : malgré le piège que constitue cette élection la campagne sera menée pour affirmer une volonté de politique anticapitaliste et des objectifs de transformation, pour les mobilisations comme pour les législatives. C’est bien parce que, dans le dispositif actuel, les législatives s’inscrivent dans la suite immédiate de l’élection présidentielle que cette dernière a une importance particulière. Nous avons déjà dit que la candidature la plus rassembleuse serait la nôtre. Celle de Jean-Luc Mélenchon semble aujourd’hui en mesure de recevoir un accord large, à condition de construire ensemble une campagne collective, riche de la diversité du rassemblement.


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