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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Mon intervention à la séance du CG93 sur le découpage des cantons

Publié le 13 Décembre 2013 par Pierre Laporte

2631471 30260d22-89da-11e2-bea8-00151780182cIntervention de Pierre Laporte, président du groupe

 

Séance départementale du 12 décembre 2013

 

Débat sur le redécoupage des cantons

 

 

Monsieur le Président cher(e)s collègues,

 

 

Après une introduction légèrement (et c'est un euphémisme!) politique de M. le Préfet, nous allons pouvoir lui répondre.

 

Lorsque l'on conteste la politique du gouvernement, très souvent on s'entend répondre qu'il faut lui laisser du temps pour qu'il agisse et change le pays. Mais en réalité le gouvernement agit dans beaucoup de domaines et très vite, parfois même dans la précipitation et le cafouillage. Mais le problème essentiel, c'est que ce changement ne va pas dans le bon sens car il met en œuvre la politique libérale déterminée et voulue par la commission Européenne. Il n'y a pas vraiment rupture avec la politique du gouvernement Sarkozy, ce qui contribue à faire croire que l'on ne peut faire autrement et que les sacrifices demandés sont nécessaires.

 

La règle d'or qui guide cette politique d'austérité, vous l'avez signée ! La réforme des retraites qui va dans le sens de celle de Nicolas Sarkozy, vous l'avez faite ! L'ANI qui va affaiblir les salariés face à leur patron, vous l'avez mise en place ! La hausse de la TVA, l'impôt le plus injuste, que vous reprochiez à la droite, c'est pour le premier janvier. Bref, ce n'est pas pour cela que les français vous ont élus et le désarroi se mêle à la colère.

 

Quant au département, dans cette enceinte, il y a peu, Claude Bartolone tonnait contre la dette que l'Etat avait envers nous, (1,6 milliards à l'époque). Il réclamait justice pour les habitants, annonçait que ceux-ci avaient déjà trop payé et que pas un centime de plus ne leur serait demandé par l'impôt.

 

Aujourd'hui plus rien n'est revendiqué de la dette de l'Etat alors que les finances de notre département sont à genoux. Aucune réforme juste de la fiscalité locale, pas de financement pérenne des allocations de solidarité ! Et sur notre département, pas de retour sur les coupes du passé (augmentation de la carte Améthyste, suppression pour le plus grand nombre de l'aide à la carte Imagin'R, suppression des aides aux villes en matière de construction d'équipements culturels, sportifs) etc.…

 

C'est sur ces questions que nous attendons des réponses urgentes et non pas des bricolages tels que la hausse du plafond des droits de mutation et des miettes sur des financements qui ne reposent sur rien de pérenne.

 

Non ! Au lieu de cela nous constatons la répression contre les salariés en lutte, des méthodes policières nouvelles pour contrôler les manifestants, contrôler leur identité, les filmer.

 

Non ! Au lieu de cela on constate de plus en plus de procédures expéditives avec vote bloqué à l'assemblée, la mise en place d'une métropole qui est une nouvelle centralisation qui va marquer un recul important de la démocratie représentative. Aujourd'hui on nous demande tout juste un avis sur une loi saugrenue sur le mode d'élection des Conseillers généraux par laquelle la définition des nouveaux cantons donne forcément lieu à des découpages arbitraires.

Et derrière ces découpages se dessinent les futures circonscriptions législatives…

 

Quand une politique est impopulaire, pour la faire accepter, la réduction de la démocratie représentative peut être une tentation mais c'est indigne de la gauche.

 

Vous comptez faire passer ce découpage en vous appuyant sur le désintérêt des habitants, sur leur désarroi face à la politique du gouvernement qui les conduit à mettre dans le même sac tous les partis politiques et les élus. Au contraire, notre rôle est de montrer les atteintes à la démocratie que cette loi et ce découpage portent. Notre rôle est de montrer qu'une autre politique est possible que celle imposée par la commission de Bruxelles.

 

Monsieur le président, vous le savez, même si vous faites semblant de l'ignorer, d'autres propositions ont été faites par nos parlementaires quant à la loi sur la base de la proportionnelle. En dernier recours, d'autres propositions de découpage ont été proposées par notre sensibilité mais aussi par la droite. Aucune réponse, autre que ce découpage qui accentue le bipartisme et fait la place belle au PS, ne nous a été donnée.

 

Elle précède sans doute la suppression des départements demandée d'ailleurs par deux de nos collègues également sénateurs, Gilbert Roger et Claude Dilain. Qu'en pensez-vous, Monsieur le président ? Cela rend les discussions pénibles. Pourquoi ne pas nommer directement un commissaire Européen qui n'est élu par personne pour diriger le pays?

 

A quoi servent ces belles démonstrations ?

 

Monsieur le président, vous exprimez quelques fois un regard critique sur la politique nationale. Mesurez-vous le fossé qui se creuse entre les élus et le pays ? Avez-vous seulement une idée des risques que nous courrons lorsque les idées racistes et fascistes remontent pour s'exprimer dans tous les médias ?

 

Cette loi est une régression démocratique. Nous sommes, au contraire, pour une réforme fondamentale de nos institutions par la création d'une 6ème  république.

 

Notre groupe dira non à cette loi et à ce charcutage.

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