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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Francois Hollande ne veut pas abroger la loi Carle, un cadeau au privé

Publié le 19 Mars 2012 par pierre laporte in du local au global

Il ne veut pas abroger la Loi Carle : le PS à l'école des renoncements


 


Le Parlement a adopté le 20 octobre 2009 une loi 
obligeant les mairies à financer les écoles privées d'autres communes si leurs résidents ont choisi d'y scolariser leurs enfants.

La porte s'ouvrait aux financements par les communes de toutes les écoles privées communautaires et libérales et à la disparition de centaines d’écoles publiques de village. Michel Charrasse peutêtre fier de lui. 

L'UMP et le Nouveau Centre (NC) avaient voté pour.  Pas de surprise.

Très critique, la gauche avait défendu en vain plusieurs motions de procédure :


 "Ce texte porte atteinte au principe républicain de la laïcité", estimèrent les députés radicaux de gauche.


 "Ce texte va organiser l'exode scolaire. Vous allez assécher, désertifier les écoles rurales (...). Même chose pour les quartiers de banlieue dits défavorisés", a jugé pour sa part le député socialiste Yves Durand.

Cette position socialiste, on va le voir, c'était avant le déluge, avant la campagne présidentielle de 2012. Aujourd'hui, les  renoncements s'accumulent, au nom de la « responsabilité » et de la « paix sociale ».

Alors que les partis de gauche semblaient unis aux côtés des associations de défense de l’école publique pour dénoncer la Loi Carle, voici que soudain en mars 2012du côté du candidat François Hollande on ne voit plus "d'exode scolaire" et on se dit que non, en définitive, rien ne sera "asséché" ni "désertifié". Nanterre pourra financer Neuilly...

Marche arrière, toute !

En effet, Vincent Peillon, conseiller à l’éducation du candidat socialiste, vient de déclarer à L’Express :

« LA LOI CARLE NE ME POSE PAS DE PROBLEME. NOUS NE ROUVRIRONS PAS CE DOSSIER » .

La « laïcité ouverte » chère à Sarkozy a fait des petits.

C’est une promesse qui en dit long sur les renoncements à venir.

Le conseiller du candidat socialiste aurait cédé à la pression d’Eric de Labarre, secrétaire général de l’enseignement catholique qui déclarait « nous avons aujourd’hui une forte capacité de mobilisation (sic !) ».

En fait, à force de ménager la chèvre et le chou, le PS est en train d’abandonner l’école publique gratuite et laïque au marché de l’éducation.

Que Eric de Labarre défende la loi Carle bec et ongle n’a rien d’étonnant. Il veut conserver les privilégies remportés sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

En effet en imposant aux collectivités de financer la scolarité des élèves de leur commune scolarisés dans une école privée hors commune, cette loi instaure une confusion sémantique et un abus juridique entre le principe de liberté de l’enseignement et la notion de financement obligatoire.

Adossé à la proposition de François Hollande de constitutionnaliser le Concordat, cette déclaration n’est pas qu’une concession de plus. C’est l’acceptation d’une vision de l’école fondée sur une conception libérale, marchande, consumériste, confessionnalisée et ségrégative.

En cédant aux sommations de l’enseignement catholique, au lendemain de la publication de la circulaire d’application qui aggrave la loi Carle, le signe donné par le conseiller socialiste crée les conditions d’une guerre scolaire perpétuelle, permanente et de moins en moins larvée.

Renoncer à abroger la loi Carle c'est contribuer à entériner la mise en concurrence des établissements, un pas supplémentaire vers la privatisation de l’enseignement public !

Il ne devrait y avoir qu'une école en France pour les enfants et les jeunes. C'est à une nationalisation de l'enseignement privée dont il devrait être question.

 

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John doe 04/05/2012 23:36

Cet article est pathétique. Pourquoi toute la gauche parisienne met elle ses enfants à l école alsacienne ? Vive l enseignement libre !