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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Robert Hue quitte le PCF, est ce le début d'une vague de départ?

Publié le 30 Novembre 2008 par pierre laporte in Créer une nouvelle force politique à gauche

COMMUNISTES.


EXCLUSIF : Hue claque la porte du PC

Dans une lettre très rude adressée à Marie-George Buffet, son prédécesseur à la tête du parti lui indique qu'il choisit de quitter le conseil national du PCF. Et qu'il ne croit plus à l'avenir du parti tel qu'il est, et tel qu'il fonctionne.


29.11.2008, 07h00

DEUX FOIS candidat à l'élection présidentielle (il a obtenu près de 9% des suffrages en 1995 et seulement 3,37% en 2002), Robert Hue a été secrétaire national du PCF de 1994 à 2001 et en a été le président de 2001 à 2003. Il est aujourd'hui sénateur du Val-d'Oise et président de la Fondation Gabriel-Péri. Il reste, en 2008, une de figures d'un parti en crise. Sa décision - qu'il annonce dans une lettre en date du 26 novembre, adressée à Marie-George Buffet-de quitter le conseil national du parti ressemble, du coup, à une petite bombe politique. D'autant qu'elle intervient juste avant l'ouverture du 34e congrès du parti et qu'elle est accompagnée d'attendus très sévères. Pour Hue, le parti reste trop marqué par la « dogmatique stalinienne » et la «matrice bolchévique de 1920 », et il est incapable de « s'autotransformer ». Hue assure qu'il n'est pas devenu socialiste, mais il se dit décidé à vivre son communisme « autrement ».


A quel moment précis avez-vous décidé de quitter le conseil national du Parti communiste et, au-delà, de « prendre vos distances » avec le parti pour, probablement plus tard, rompre avec lui ?

Robert Hue.
Ma décision a été mûrement réfléchie. J'ai bien pesé ce qu'elle signifiait pour moi, pour les communistes, pour les femmes et les hommes de progrès. Dans l'exercice de mes responsabilités au PCF, j'ai conduit - ou tenté de conduire - une mutation dont j'espérais qu'elle permette à notre parti de retrouver une réelle influence à gauche et dans la vie politique française. Cette mutation a échoué, mais elle a eu cependant des résultats importants. Je n'en citerai que deux : d'une part, la réhabilitation pleine et entière de toutes celles et de tous ceux que le parti avait exclus ou poussés à partir ; d'autre part, la reconnaissance des « sensibilités », des courants si vous préférez. Jusqu'en 1994, quiconque affichait une position divergente de celle de la majorité était écarté ou devait s'écarter. Grâce à nos efforts, il est aujourd'hui plus difficile de faire taire les différences au sein du parti. Je constate cependant, et je le déplore, de sérieuses régressions par rapport à l'époque où j'étais secrétaire national.

Vous quittez donc l'instance dirigeante du parti dont vous avez été longtemps le patron...

Si je la quitte, c'est aussi parce que je ne me retrouve pas dans les orientations stratégiques de ces dernières années. Je me suis, pendant une longue période, interdit de les commenter publiquement. Aujourd'hui, à quelques jours du congrès, je fais part de ces désaccords à Marie-George Buffet et aux communistes. Mais je n'abandonne ni mes convictions ni les valeurs qui fondent mon engagement : celles des centaines de milliers de mes camarades depuis 1920. Je serai désormais communiste autrement.

Vous dites qu'il n'est possible ni de « réformer le PCF » ni de parier sur son aptitude à « s'autoréformer » et qu'il faut en finir avec le « fétichisme » du mot communisme. Mesurez-vous que votre prise de conscience sera jugée historiquement tardive ?

En disant cela, je prends mes responsabilités, et je le fais avec gravité. J'ai beaucoup réfléchi et ma réflexion a été, naturellement, très en appui sur mon expérience de près de dix ans à la tête du Parti communiste. Je ne me dispense d'aucune critique : la mutation fut sans doute trop marquée de volontarisme et trop « tirée d'en haut ». Mais je vois aussi que d'autres obstacles ont rendu la tâche extrêmement difficile, qui sont le produit d'une tradition, d'une culture que je redoute figées. Je ne sais pas si je suis, historiquement, en retard. Je sais simplement, j'insiste, que j'avais besoin de réfléchir à tout cela, et je m'en suis donné le temps. Ce que j'ai entrepris au milieu des années 1990, je l'ai fait parce que j'y croyais, même si - compte tenu de l'ampleur des transformations à accomplir et des obstacles auxquels j'étais confronté - le doute m'habitait parfois. Je ne regrette rien.

« Je ne crois pas que le parti soit réformable »

Le temps est donc venu aujourd'hui, pour vous, de tirer les conclusions de ce que vous avez vécu ?

Au terme d'une longue période de réflexion, je me sens confirmé dans les doutes que j'avais en débutant la tâche immense que je m'étais imposée : je ne crois pas, désormais, en dépit de la richesse humaine et du dévouement de milliers de militantes et militants communistes, que le parti soit réformable.

Est-il temps, à vos yeux, de reconsidérer le bilan de la « gauche plurielle » ? Vous suggérez que c'est une commodité pour les communistes d'attribuer la responsabilité du déclin du parti à cette alliance...


Le déclin du PCF a commencé bien avant 1997 et le gouvernement de la gauche plurielle. Bien avant l'implosion de l'Est. Il s'est produit par érosions successives, avec des décrochages plus marqués et de plus en plus répétés depuis 1981. Il tient à la crise du communisme, elle-même entamée à la charnière des années 1920-1930 avec l'ascension de Staline et la liquidation, partout, de toute opposition interne. Je ne nie pas que l'échec de la gauche plurielle ait joué dans ce déclin, mais il reste, selon moi, très marginal.

Vous revendiquez donc le bilan - pourtant contesté par les communistes - de cette « gauche plurielle » ?

Le gouvernement de la gauche plurielle entre 1997 et 2002 est désormais un objet de l'histoire. Or, l'histoire ne relève pas du principe de la balance : sur un plateau le « bon », sur l'autre le « mauvais ». Il est faux de prétendre que le PCF n'a pas agi pour combattre certaines mesures prises par une équipe dans laquelle le PS dominait. Rappelez-vous : j'ai alerté Lionel Jospin et nos alliés sur les risques d'échec. « La gauche va dans le mur », ai-je moi-même déclaré en 2001. Par ailleurs, il faut se poser deux questions. Primo : pourquoi la droite, une fois revenue au pouvoir, s'est-elle empressée de revenir sur nombre de réformes introduites par la gauche, comme les 35 heures ou la loi sur le contrôle des fonds publics que j'avais fait voter, et qui serait bien utile aujourd'hui ? Secundo : la France de 2002 ressemblait-elle à la France de 1997 ? La parité, le Pacs, les 35 heures et les RTT, la CMU... Est-ce que la société, durant ces cinq années-là, a changé ou non ? En la circonstance, je ne pense pas qu'il soit judicieux de faire table rase du passé. J'ajoute, face à la violence de l'offensive antisociale de Nicolas Sarkozy, que, pour moi, oui décidément, la gauche et la droite, ce n'est pas la même chose.

Ne seriez-vous pas, pour autant, devenu social-démocrate ?

Sans aucune ambiguïté, non ! Ma conviction, c'est qu'il existe à gauche un espace entre un communisme plus ou moins dogmatisé ou une extrême gauche strictement protestataire et une social-démocratie s'accommodant pour l'essentiel du capitalisme. Et je travaille à faire des propositions constructives, susceptibles de sortir la gauche de cet enfermement (http://roberthue.wordpress.com) . D'ici quelques jours, je m'exprimerai à ce sujet publiquement. Je ne vois pas plus Obama que Sarkozy réformer le capitalisme dans un autre but que le consolider.


Le Parisien

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noureddine elkarati 12/12/2008 12:04

bonjour
voici une interview de gatignon
Stéphane Gatignon : "Le mythique Parti communiste est mort"
LEMONDE.FR | 11.12.08 | 12h19 • Mis à jour le 12.12.08 | 10h54 Réagissez (2) Classez Imprimez Envoyez Partagez
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Lors d'un chat sur Le Monde.fr, le maire (PCF) de Sevran, auteur de A ceux que la gauche désespère, (Cherche-Midi), revient sur les enjeux du congrès du Parti communiste, qui s'ouvre jeudi 11 décembre, dans un climat de division.


Michel : Quand un parti ne représente plus que 2 % du corps électoral ne peut-on envisager qu'il cherche à se regrouper avec d'autres partis de gauche ?


Retrouvez l'intégralité du "Monde" en HTML.
Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offertsStéphane Gatignon : Quel est le problème ? Un parti qui a 2 % a-t-il une raison d'être ? Ou n'a-t-il pas le droit de se regrouper en coalition ? Si c'est se regrouper avec d'autres, même un parti à 2 % peut le faire. La question est de savoir pourquoi on se regrouperait avec d'autres.


Karim : Pourquoi le Parti communiste ne réussit pas à s'allier avec l'extrême gauche ?


Stéphane Gatignon : Qu'est-ce qu'on entend par extrême gauche ? Le rôle et l'histoire du Parti communiste et des communistes est de transformer la société. S'allier à l'extrême gauche uniquement dans un vision de contestation ne règle nullement cette question. Une vision uniquement de "pureté révolutionnaire" nous conduirait tout droit à ce que Lénine définissait dans son ouvrage La maladie infantile du communisme : le gauchisme. Je vous conseille de le relire.


Hibou garni : Le PCF n'est-il pas complètement sous perfusion du Parti socialiste ? A-t-il un avenir tout seul ?


Stéphane Gatignon : Oui, dans son alliance de type union de la gauche, le Parti communiste est sous perfusion du Parti socialiste. Le nombre d'élus communistes élus grâce au PS est là pour en attester. La question aujourd'hui n'est pas de savoir si c'est une alliance avec le Parti socialiste qu'il faut, mais de savoir à quoi peut servir le Parti communiste, donc de quel projet de société il est porteur.


Steven_Latch_1 : Que peut-on attendre concrètement de ce congrès ? Marie-Georges Buffet parlait ce matin de "solutions du XXIe siècle". Or le discours du PCF, les solutions qu'il propose, sont les mêmes depuis des décennies. Qu'en pensez-vous ?


Stéphane Gatignon : Toute la discussion du congrès a montré que le parti vivait hors la société. Son texte de résolutions ne part pas des problèmes que nous vivons aujourd'hui : la crise du système libéral, et des problèmes de société qu'elle génère.


Concrètement, je n'attends pas grand-chose du congrès, d'autant plus que la direction a décidé d'écarter ceux qui n'étaient pas d'accord avec elle et de passer un accord avec les plus orthodoxes des communistes en France. Si la solution du XXIe siècle est dans une vision passéiste des choses, ce congrès est mal parti.


Rosa_Luxemburg : Camarade, tes positions - le parti est foutu - sont connues à l'intérieur du parti, donc es-tu le mieux placé pour répondre à la question "Le PCF a-t-il un avenir ? "


Stéphane Gatignon : La crise actuelle nous fait passer, violemment, du XXe siècle au XXIe siècle. Les communistes doivent être acteurs de ce XXIe siècle. Pour cela, ils doivent travailler un nouveau projet qui propose une nouvelle société. Le parti en tant qu'outil n'est pas une fin en soi pour répondre à la question : "socialisme ou barbarie ?"


Erka : Etes-vous d'accord avec l'option unitaire des "communistes unitaires", à savoir le rassemblement de la gauche antilibérale ? Que proposez-vous ?


Stéphane Gatignon : La question qui nous est posée aujourd'hui est bien plus importante qu'un simple rassemblement de courants ou de partis. La question qui nous est posée aujourd'hui est celle de la société que l'on construit demain.


La droite et le Medef ont une vision de société pour l'avenir, la gauche dans sa globalité n'en a pas. Le rôle des communistes est donc de travailler à l'émergence de cette nouvelle société. En résumé, ce qui est plus important aujourd'hui, c'est le projet et non la structure.


Biloute2 : Marie-Georges Buffet dit que les opposants internes feraient mieux de lutter à l'intérieur du parti... vous en pensez quoi ?


Stéphane Gatignon : Depuis 1920, et même du temps de Hue, ceux qui n'étaient pas d'accord n'avaient pas voix en interne. Aujourd'hui même, l'épuration idéologique menée par la direction montre que le parti est incapable de gérer une démocratie interne.


J'entends par "épuration idéologique" le fait que lors des conférences fédérales, ceux qui n'étaient pas d'accord, notamment les communistes unitaires, ont été écartés des instances dans les départements et au niveau national.


Plok : Pensez-vous que le PCF devrait renouer avec les principes marxistes ou bien les abandonner définitivement ?


Stéphane Gatignon : Pour moi, ce n'est pas une question de renouer ou d'abandonner, mais de penser autrement que de façon dogmatique. J'entends par là l'utilisation du marxisme-léninisme comme catéchisme. C'est la vision stalinienne qui a fait que le marxisme est devenu un dogme.


Jackdo : Franchement, n'est pas temps pour le parti communiste de changer de nom ?


Stéphane Gatignon : Il ne suffit pas de changer de nom, il faut changer la structure, le mode de fonctionnement, et se mettre à travailler sur le fond. Il est absolument nécessaire aujourd'hui de travailler sur le fond avant de créer la structure.


Jindo : Que pensez-vous du parti de Mélenchon ?

Stéphane Gatignon : C'est une réponse de la gauche de gouvernement à la question Besancenot. L'alliance PC-PG est là pour prendre des voix au NPA, c'est son utilité pour le Parti socialiste.


Pinardier : Le libéralisme social prôné par les jeunes du PCF (adoption par les couples gay, réforme de la législation des drogues, régularisation des clandestins...) n'est-il pas en contradiction avec l'opinion des militants plus âgés et la base ouvrière ?


Stéphane Gatignon : Il y a un problème de générations, comme dans toute la société. Les nouvelles questions sociétales peuvent heurter les plus anciens. Il faut débattre de tout ça pour faire avancer l'ensemble des communistes. On en revient là à la question du projet.

Nicole 07/12/2008 11:58

Alors si même Robert s'en va ..... Cela me fait penser à cette caricature des guignols ou on le voyez avec Lionel dans sa petite auto rouge façon Ouie-Ouie..... Il ne sera certainement pss le seul à partir avec le congrès ..... ou à être "coco-expulsé". A le renouveau dans la continuité .... Marie Georges ouvre tes oreilles et les portes du PC, ou bientôt vous ne figurerez même pas dans la convention de Washington ... car le PC sera mort. Nicole