Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Un texte d'Utopia

Publié le 28 Septembre 2008 par pierre laporte in Créer une nouvelle force politique à gauche

La société brûle et le PS regarde ailleurs

23 sep 2008Par Franck Pupunat

Edition : Les invités de Mediapart

A l'occasion du dépôt des motions socialistes, quatre membres du mouvement transparti Utopia (représenté au PS et chez Les Verts) défendent l'idée d'une confrontation de projets de société plutôt qu'une rivalité d'écuries. Ils exposent leur propre vision d'une réforme de la société ancrée à gauche: «combattre le dogme de la croissance comme solution à nos maux économiques, le dogme de la consommation comme critère d'épanouissement individuel et la centralité de la valeur travail comme seule organisation de la vie sociale».

Image 1_6_4.png

La crise sociale, environnementale et économique n'a jamais été aussi violente. Mais face à l'urgence, quelle réponse la gauche et le Parti socialiste apportent-ils ? Une «guerre des chefs», des alliances de circonstances, des rustines comme seul projet. Les militants sont fatigués. La société mérite mieux qu'une droite néoconservatrice ou qu'un meeting au Zénith.

 Le PS, depuis vingt ans, a réussi une grande prouesse: se couper à la fois de sa base populaire et des lieux de réflexion. Il n'a vu passer ni la montée en puissance de l'écologie politique qui a émergée dans les années 1970, ni celle de l'altermondialisme, apparu dans les années 1990. Rejeté par les uns et boudé par les autres, les citoyens ne lui font plus confiance.

Comme une grande partie de la gauche, le PS reste largement divisé entre une tendance social-libérale, qui croit en une possible régulation du système capitaliste, et une tendance quasi-nostalgique qui campe sur des positions dogmatiques. Ces deux positions sont cruellement battues en brèche par la mondialisation et les crises économiques, sociales et environnementales.

 Il ne s'agit plus de corriger à la marge ce modèle qui accentue les inégalités et détruit la planète, mais de repenser entièrement un projet de société. Cette tâche a été entamée par le mouvement altermondialiste dont la démarche consiste à penser et à agir au niveau global, à constituer des contre-pouvoirs et à construire des alternatives autres que la résignation et la soumission au modèle qui domine actuellement la scène mondiale.

 En effet, il redevient urgent de proposer un dépassement du système capitaliste, dont le seul objectif est la rentabilité du capital, qui transforme les désirs en besoins, érige le travail et le mérite en valeurs, pose l'échelle économique et sociale comme la hiérarchie naturelle des rapports humains, génère de plus en plus d'inégalités et détruit les ressources naturelles.

Mais pour construire, il faut préalablement déconstruire. Pour notre mouvement, Utopia, les trois premières aliénations des sociétés développées que nous devons combattre sont le dogme de la croissance comme solution à nos maux économiques, le dogme de la consommation comme critère d'épanouissement individuel et la centralité de la valeur travail comme seule organisation de la vie sociale.

C'est à partir de là que le combat des idées peut retrouver son sens. Il convient de redéfinir l'espace des droits, des biens et des services fondamentaux auxquels chacun a droit du seul fait de son existence et les exclure des logiques capitalistes et marchandes. Il nous faut redéfinir ce que signifie une société «riche» en ouvrant de nouvelles perspectives de conquêtes sociales et en donnant toute sa place à une gestion démocratique et citoyenne.

On aurait tort de croire que cet «alterdéveloppement» ne repose pas sur des bases théoriques solides et des propositions concrètes. Ce projet ambitieux se construit depuis plus de dix ans, en repensant les politiques locales et globales. Avec les militants et les citoyens qui nous ont rejoints, c'est par un processus démocratique que nous construisons un projet de société cohérent, ambitieux et réaliste qui va au-delà d'un simple programme ou d'une succession de propositions. Ce projet, nous le proposons au vote des militants socialistes et Verts et le développons dans le Manifeste Utopia.

Parce qu'il est un espace de dialogue et de réflexions entre les gauches, le mouvement altermondialiste n'a pas vocation à structurer une offre politique. La diversité de ses membres en fait sa richesse mais limite en même temps la possibilité de définir une ligne et un projet politique. Il manque des ponts entre la sphère politique, les espaces de réflexion et les mouvements sociaux.

 Utopia participe activement à la construction de ces ponts qui, s'ils existent partiellement dans plusieurs partis de Gauche, sont cruellement absents au sein du PS. En se structurant en tant que mouvement trans-partis, en fondant son projet sur une démocratie interne réelle refusant le combat des chefs, Utopia s'engage dans une perspective de rassemblement des gauches «socialistes, altermondialistes et écologistes» pour approfondir notre démarche, construire un nouveau rapport de force et aborder les prochaines échéances.

 Nous revendiquons cette utopie qui considère que la réflexion alliée à l'imagination arrivera à fédérer un mouvement fort, capable de proposer la construction, non d'alternances, mais d'alternatives susceptibles, à terme, d'entraîner l'adhésion du plus grand nombre. C'est notre impératif et notre urgence.

 

Franck Pupunat,
membre du conseil national du PS, porte-parole d'Utopia - PS;
Laure Pascarel,
déléguée nationale du PS, membre du bureau national d'Utopia ;
Pierre Lucot,
Les Verts, porte-parole d'Utopia - Verts;
et David Flacher,
maître de conférences, membre du bureau national d'Utopia.

 

Utopia est un mouvement altermondialiste et écologiste trans-partis présent à la fois au PS, chez les Verts et dans la société civile. Utopia vient de publier le Manifeste Utopia, (éd. Parangon, 2008).

 

Commenter cet article