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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

P. Braouezec et le grand Paris

Publié le 18 Septembre 2008 par pierre laporte in conseil général

Dans "Diverses cités" n°35 :




L'EdlTOHIAL dE PaTRICK bRAOUEZEC
UNE REGION POUR TOUS

L'avenir du "grand Paris" se dessine en ce moment et soyons en certains, sur ce sujet comme sur d'autres, il convient d'être vigilants. La question centrale de ce débat se pose à partir de cette interrogation : pour quoi faire ?
Les volontés, les contenus s'affichent avec beaucoup de diversités. Il convient de les rappeler. Le chef de l'Etat souhaite prendre la main et renforcer l'attractivité de la région capitale afin que celle-ci garde son rang international de métropole mondiale.
Maintenir ce classement implique de développer les pôles financiers, la place boursière de Paris, le tourisme d'affaire et de luxe, de renforcer la Défense au détriment d'autres possibilités de développement, notamment dans les banlieues populaires. Une hypothèse de travail consiste à assembler Paris elles trois départements de la première couronne pour donner de l'air à la capitale. Elle propose une répartition simple : les activités nobles
dans l'hypercentre et les logements sociaux, les centres commerciaux inhumains, les longs trajets en transport pour les banlieusards. C'est certainement la pire solution pour l'avenir, car elle conforte les processus ségrégatifs et rejette aux confins population modeste, emplois peu qualifiés et crée de nouvelles marges. Ce modèle ne choisit pas d'additionner les atouts, ceux de la capitale, ceux nombreux des communes de banlieues qui depuis des décennies ont montré leurs capacités créatives, et ceux de la grande couronne, il les fractionne.
Au centre de ces sujets, les questions décisives sont celles de la réduction des inégalités spatiales, sociales, économiques et culturelles, celles de décider enfin d'investir massivement au nord et à l'est de l'Ile-de-France pour développer des synergies avec Paris et avec les villes de la deuxième couronne. Pour constituer des pôles urbains, économiques et écologiques interconnectés entre eux, reliés par des systèmes performants de déplacement. C'est ce que nous nommons la polycentralité. Dans cette proposition d'aménagement de l'espace, il s'agit de donner des équilibres stables entre lieux de concentrations d'activités, d'études et d'apprentissage, de loisir et de culture.
L'avenir de la région capitale doit être au service des gens et de tous les territoires, fl est plus qu'urgent de réduire massivement les inégalités, de mettre en œuvre une meilleure répartition des richesses, de proposer une péréquation financière juste qui redonne des marges de manœuvres aux communes pauvres et qui réduise le train de vie et l'aisance injurieuse des communes trop riches.
L'avenir, c'est une solidarité assumée par tous, pour le développement de tous. Ce que nous proposons s'inspire de l'expérience que nous menons ensemble depuis huit ans au sein des villes de Plaine Commune. Chacune des villes a pu se développer en s'appuyant sur le collectif. Cela mérite d'être regardé.
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noureddine.elkarati 07/10/2008 22:38

bonjour pierre
voici la réaction du pcf 93 au film de yamina benguigui sur le 93 .bonne journée
2 octobre 2008

Effectivement notre département a été créé dans une conception de relégation spatiale à l’époque du gaullisme. Les constructions de logements sociaux imposées aux élus locaux servaient à abriter les populations dont la ville de Paris ne voulait pas, ce qui a conduit notre territoire à devenir un lieu « monde ». Et loin de le vivre comme un handicap, je le perçois, avec mes camarades, comme une richesse. Des solidarités nouvelles ont vu le jour, elles s’expriment avec force dans les moments difficiles, mais aussi dans les moments de bonheur.

Le département de la Seine-Saint-Denis est un territoire d’avenir, où la pauvreté d’une partie de la population ne doit pas masquer la dignité de celle-ci, ni la volonté de s’en sortir. La richesse culturelle et les talents qui jaillissent du « 9.3 » ne peuvent être dissociés du contexte social dont ils sont issus. La multi culturalité issue du monde du travail, permet de mettre en avant ce qui fonde l’unicité humaine, alors que d’aucuns voudraient en faire un outil communautariste et de fragmentation sociétale.

Les maires et les élus locaux ont mis en avant des choix audacieux en terme de politique sociale, éducative, d’équipements sportifs et culturels. La Seine-Saint-Denis est devenue pilote en la matière. De même qu’alors que les médias ont tendance à présenter cette terre d’accueil comme un monceau de grisaille et de désespérance, comme une terre bétonnée et ravagée par un immobilier aveugle,

nous sommes le territoire de la préservation des écosystèmes, de la biodiversité, exemplaire pour l’Unesco.

Nous sommes donc une terre de contrastes, dont l’histoire est rebelle. Mais cette histoire et tout ce bouillonnement culturel sont nos racines dans lesquelles chacun trouve ressources et perspectives. Non seulement cette terre est « Monde », mais elle est jeune. La jeunesse qui la compose est une caisse de résonance des contradictions qui pétrissent son devenir. Le meilleur et le moins bon s’y côtoient, et cette friction met à chaque fois en évidence les insuffisances des politiques publiques. La Seine-Saint-Denis est de ce point de vue le miroir de la société française. Les luttes, multiples, diverses, qui s’y engagent concernent les moyens affectés, les budgets, l’engagement d’Etat. Pour les raisons que j’évoquais, elles sont toujours porteuses d’espoir et d’alternatives. Enfin, la multitude d’associations et d’esprits libres qui rayonnent sur le terrain est également porteuse d’engagements collectifs et individuels et de propositions novatrices.

Les communistes de la Seine-Saint-Denis sont fiers de leur département, et ils ont défini un texte : « le Manifeste pour la Seine-Saint-Denis » qui exprime qu’au travers de tous les atouts en notre possession, il faut, loin des stigmatisations, une autre volonté publique pour transformer ces atouts en réussite pour tous. Enfin, ils ont un postulat de principe qui claque comme un désaveu de tous les diviseurs, de tous les communautaristes et de tous les racistes : « Nous sommes un seul Peuple ! »

Vous trouverez en accompagnement de la présente ce texte, et je vous remercie de l’attention que vous voudrez bien lui consacrer.

J’espère que nous pourrons organiser prochainement cette rencontre départementale, et j’attends votre appel.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de ma considération distinguée.

Jean-Marie DOUSSIN Secrétaire Départemental

Madame,

Je voulais vous féliciter pour avoir réalisé ce documentaire sur la Seine-Saint-Denis qui est passé lundi soir sur la chaîne de Canal+. Il n’est pas simple de faire un tel travail sur un territoire comme le nôtre, et vous avez fait œuvre pionnière en la matière. J’ai appris que votre travail sera adapté prochainement pour être diffusé dans les salles de cinéma. J’en profite d’ores et déjà pour vous inviter à une initiative de projection publique avec les élus communistes à une date dont nous pourrions, si vous en étiez d’accord, convenir ensemble. Cette projection pourrait être suivie d’un débat.

noureddine.elkarati@orange.fr 26/09/2008 12:09

bonjour pierre
merci pour ta lettre de recommandation
A VOIR ABSOLUMENT UN FILM DE YAMINA BENGUIGUI SUR LE 93 ,lundi soir sur canal plus ,ne le rate pas ,il parait que c'est film anti pacf,je ferai un article sur ce film ,j'attends ta reaction en tant que vice président du conseil général ,voici une critique du monde diplomatique sur ce film ..

Lors de la projection de presse de 9/3, Mémoire d’un territoire (1), Yamina Benguigui revient sur la projection de son précédent film Le Plafond de verre au cinéma le Saint-André-des-Arts, en novembre 2005 : « La tension est présente, dans la salle comme à l’extérieur. Les CRS bouclent le quartier, puis chargent… dans la salle des cris ; puis, un cri plus puissant : “Tahyia le 93” », « Vive le 93 », qui lui rappelle « le dernier plan du film La Bataille d’Alger, où l’on voit le visage de trois femmes dont l’une va hurler “Tahyia el Djezaïr” », « Que vive l’Algérie ». On apprend aussi que la Seine-Saint-Denis, créée en 1964, reçoit le numéro 93 qui était celui attribué au département de Constantine du temps de l’occupation française.

Dans ce nouveau documentaire, Yamina Benguigui s’intéresse donc à ce « territoire maudit » et veut « raconter la genèse de ce département ballotté au gré des fluctuations économiques, en lui restituant son histoire, sa mémoire, sa dignité et le respect qui lui est dû. Le rattacher à tous les autres morceaux de France ». En trois actes, il couvre la période de 1850 jusqu’aux émeutes de 2005. Chaque partie se nourrit de documents d’archives où alternent les témoignages d’habitants, de spécialistes (historiens, urbanistes, architectes), de responsables politiques (préfet, députés, maire). Deux ans de travail et d’investigation sur le département. Les images d’archives sont impressionnantes, riches, décapantes ; elles déroulent l’épopée industrielle de 1850, lorsque Paris délocalise ses industries polluantes et dangereuses.

Le Nord-Est est choisi en raison de l’espace disponible, mais surtout de son orientation géographique : il fallait un lieu dont les vents ne favoriseraient pas l’envol des fumées d’usine et des odeurs pestilentielles vers la capitale. Le déplacement des populations est organisé pour assurer la main-d’œuvre ; les ouvriers parisiens puis les provinciaux (Bretons, Auvergnats...), les immigrés européens (Italiens, Espagnols, Portugais…), enfin l’immigration coloniale (Antillais, Algériens, Maliens…), dont de nombreux enfants. Ils assureront la prospérité de ces industries au détriment de leur santé et de leur vie. C’est l’ère de la construction de logements à bas coût mais à grande échelle. Puis l’année 1973 amorce la désindustrialisation avec la crise économique, le choc pétrolier, le délabrement des cités et la fermeture des usines qui vont conduire les populations vers le chômage, la misère, la précarité. L‘absence de perspectives économiques et sociales, les difficultés d’accès à un logement digne, le racisme, accompagneront la naissance des générations nouvelles.

Le film s’ouvre sur des images des émeutes de novembre 2005, répétées ensuite comme pour lui donner une sorte de tempo jusqu’à sa conclusion sur un hommage à Zyad et Bouna, décédés à Clichy-sous-Bois. Des images de jeunes de dos, aux prises avec les forces de l’ordre, sur fond de car de police en feu et de CRS en retrait, déjà vues, rabâchées sur toutes les chaînes de télé. Qui ne disent rien et sur lesquelles le fond musical d’une chanson douce de Souad Massi vient constituer comme une oblitération supplémentaire de l’origine et de la violence de ces révoltes. Sur les éléments déclencheurs, l’électrocution mortelle de deux jeunes et d’un troisième, gravement blessé, parce qu’ils étaient poursuivis par la police, sur les accusations de vol à leur encontre et divers mensonges d’Etat, sur le lancement d’une grenade lacrymogène dans une mosquée… on ne verra rien. Une occultation systématique qui a pour résultat la dépolitisation du sujet traité.

On peut également s’interroger sur le choix des personnalités politiques à l’affiche : M. Xavier Lemoine, maire UMP (ex-MPF de Philippe de Villiers) de Montfermeil, bien connu pour son arrêté anti-jeunes (2), et ses points de vue sur la mixité sociale (3). Ou encore M. Claude Bartolone, président du Conseil général depuis mars 2008 (le film a été tourné entre septembre 2006 et juin 2008), qui nous parle quasiment des ténèbres dans lesquelles la lumière va jaillir... N’était-il pourtant pas élu sur le département depuis 1982 puis ministre de la ville ?

La parole aurait également pu être donnée à un élu communiste au regard de l’histoire politique, culturelle et sociale du 93, dont le conseil général, depuis sa création, en 1968, était sous présidence communiste. Ancré à gauche depuis les années 1930, ce territoire tenait sa réputation de « banlieue rouge » de l’implantation du PCF lors des municipales de 1935, préfigurant l’avènement du Front populaire. Avec un pouvoir municipal, un mouvement syndical et associatif fort, les organisations ouvrières y ont joué un rôle déterminant dans les luttes des travailleurs et l’intégration des étrangers, cristallisant le mouvement révolutionnaire dans la banlieue nord, une histoire étrangement occultée par le documentaire.

Marina Da Silva et Zouina Meddour

noureddine elkarati 19/09/2008 16:58

bonjour pierre
historiquement ,la SFIO était partisan entre les deux guerres et au début du siécle d'un grand paris (voir Morizet ,Henri Sellier ,...) ,il est heureux que le PS actuel soit contre le projet .Avec le grand paris ,on assisterai à un renforcement de la segrégétation résidentielle entre l'est et l'ouest de paris ,la seine saint denis devienderait l'espace des pauvres ,de toute façon l'experience du grand Londres est un grand échec ,avec un creusement des logiques segrégatives .il faut se battre contre ce projet de grand paris ,avec le PS ,dans ce ca précis l'union de la gauche est nécessaire ......L'ETAT ne doit pas se desengager des espaces "pauvres " au profit d'une gentrification de l'urbain ,car même le peuple a le droit à la ville .....