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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

texte de Remy Jean dans l'huma

Publié le 24 Juin 2008 par pierre laporte in Créer une nouvelle force politique à gauche

l’Humanité des débats   Articles parus le 21 juin 2008

« Pour une force antilibérale unique » par Rémy Jean, responsable des
Comités unitaires antilibéraux
Alternative au libéralisme

L’alternative est non seulement possible mais indispensable. Possible car le
rejet du libéralisme est extrêmement fort. Il y a un potentiel pour une
alternative qu’il faut désormais penser à l’échelle mondiale puisque l’on
constate qu’en Amérique du Sud des alternatives se mettent en place.
Possible, l’alternative est également indispensable car on n’a jamais vu une
telle offensive antisociale.
Pour que quelque chose change dans ce pays, il faut que la gauche réellement
antilibérale devienne le centre de gravité de la gauche. Pour cela, les
forces antilibérales doivent se regrouper dans une force unique, même s’il y
a des sensibilités différentes. On l’appelle comme on veut, mais il faut
pour les électeurs qu’une autre réponse s’affirme à gauche. Nous ne devons
pas nous enfermer dans une désespérance liée à l’échec des collectifs
unitaires antilibéraux.
La force unique, c’est le seul moyen de contester l’hégémonie du PS.
L’ambition des CUAL, c’est de faire tomber les murs. Que faut-il changer
dans le mouvement progressiste pour qu’il représente une alternative ? Ce
n’est pas seulement le programme. C’est aussi une façon de penser et de
militer. Le mouvement doit être capable de dépasser sa propre histoire.
Sinon nous n’avons aucune chance. Non seulement la droite gagne, mais c’est
l’orientation sociale libérale qui s’impose à gauche. Sur le programme, nous
sommes d’accord sur l’essentiel. Si nous avions une majorité, nous serions
d’accord sur le programme à appliquer. Nous n’avons pas réponse à tout mais
nous avons des éléments de réponse. Si on veut avoir des réponses
construites, il nous faut un cadre de travail commun. Qu’est-ce qui nous
empêche de créer ce cadre ? Qu’est-ce qui empêcherait que la gauche
antilibérale se retrouve pour faire des listes communes aux prochaines
élections européennes ?
Alors, banco pour un front si cela ne se résume pas à un accord de sommet.
Si on ne s’appuie pas sur une dynamique citoyenne, cela ne marchera pas. La
proposition d’un front est intéressante si elle ne se limite pas aux
échéances électorales.
« Ne pas rater l’échéance de 2009 » Par Patrice Cohen-Seat,responsable
national du PCF.
France-Europe : quelle alternative au libéralisme ?
Il y a une aspiration à l’alternative en France et dans une majorité de pays
de l’Union européenne qui se traduit par des luttes très importantes. Mais
il faut aussi constater lucidement qu’il y existe un gros problème avec les
défaites successives des forces de gauche. Il y a quelques années, elles
gouvernaient onze des quinze pays de l’UE. Aujourd’hui, la plupart ont été
battues. En France, en 2007, la gauche a enregistré son troisième échec
successif à la présidentielle et pour la première fois depuis 1981 il n’y a
pas eu d’alternance. J’avance l’idée que nous vivons une crise profonde du
mouvement progressiste. J’y vois deux raisons. 1. La gauche n’est pas au
rendez-vous de notre époque. Le monde s’est transformé et toutes les
questions appellent des réponses nouvelles. Or la gauche est en panne sur le
projet. Avons-nous des réponses politiques à toutes les questions que
soulève le nécessaire développement de l’humanité ? Par exemple, nous disons
qu’il faut changer le statut de la BCE. Mais comment s’y prend-on
concrètement ? 2. Les forces de gauche n’ont pas pris la mesure du verrou
que constitue aujourd’hui l’UE. Dans le monde tel qu’il est, la construction
européenne devrait être une solution. Elle est un problème. C’est dans la
lucidité sur les problèmes que nous pourrons construire des réponses. Le
pire serait de se voiler la face, de faire l’économie du fond. Pourquoi les
forces progressistes – qu’elles soient communistes ou pas – ont-elles été
partout en Europe laminées ? Le problème n’est pas que franco-français. Je
suis à l’unisson de tous ceux qui disent « faisons ensemble ». Mais on ne
décrète pas de la vie et de la mort des organisations politiques de
l’extérieur. Il faut partir de ce qui existe, de la diversité de nos
cultures politiques, avec l’ambition de construire quelque chose. Pourquoi
ne pas construire ensemble un front ? La construction d’un tel front peut
être une étape avant d’aller plus loin. Pourquoi pas lors des élections
européennes ? Et pourquoi pas un front à l’échelle de l’Europe ? Je pense
que nous devons avoir avancé d’ici à la fin de l’année. Si nous n’arrivons
pas à porter un projet politique européen, nous raterons une occasion
historique. Propos recueillis par Christophe Deroubaix (*) (*) Extraits d’un
débat organisé à Aubagne, le jeudi 12 juin.
« Créons un cadre politique commun» Par René Revol, responsable de PRS
(Pour une République sociale)
France-Europe : quelle alternative au libéralisme ?
Pour que la question de l’alternative se pose, il faut d’abord refuser.
Refuser le traité de Lisbonne car il permet au libéralisme de s’imposer.
Pour cette raison, PRS s’est engagé dans la campagne pour le « non » en
Irlande. Il faut aussi construire. En 2007, nous avons subi une double
défaite (victoire de la droite et la gauche représentée par le
social-libéralisme). On s’est fait voler cette élection parce ce que nous
avons été incapables de construire une alternative. La crise du progressisme
européen est réelle, mais pas nouvelle pour autant. Le processus de
mondialisation a sapé les bases mêmes de la social- démocratie qui a
toujours vécu dans le cadre national. La ligne d’adaptation a fonctionné
pendant un moment, mais la crise de la mondialisation l’a fait voler en
éclats. Les réponses de la gauche ne peuvent plus être les mêmes. Que nous
ne puissions plus avoir le même discours productiviste classique de la
gauche sur la crise énergétique, bien sûr… Mais il y a une question qui nous
appartient : c’est relier la question énergétique à la question sociale.
Alors, où est vraiment le problème ? La base sociale existe : ce que nous
avons noué en 2005 et que nous n’avons pas su exploiter en 2007 existe
toujours, et la gauche de transformation sociale est majoritaire dans la
gauche. Nous sommes également capables de nous mettre d’accord sur une base
programmatique. Ce n’est pas l’obstacle entre nous. Je pense que si l’on
créait le cadre politique, on se mettrait d’accord sur le programme. Si nous
n’engageons pas le travail et que nous restons chacun dans nos
organisations, lors des prochaines élections européennes, le bulletin de
vote « Besancenot » sera le moyen pour des millions de personnes de dire
leur refus d’une gauche sociale-libérale. Sur l’Europe, nous avons une
échéance. Laissons les partis faire leur congrès en fin d’année. Après, s’il
se constitue un front unitaire des forces antilibérales lors des élections
européennes, j’en serai. Il nous faut aussi tendre la main à la LCR pour
qu’elle participe à ce front. Propos recueillis par Christophe Deroubaix (*)
(*) Extraits d’un débat organisé à Aubagne, le jeudi 12 juin.
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