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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Roger martelli et le congrès du PCF

Publié le 15 Juin 2008 par pierre laporte in Créer une nouvelle force politique à gauche

Surtout pas un congrès pour rien

Par Roger Martelli, membre du conseil national du PCF.

On parle de trouble dans le PCF. On évoque du mécontentement, latent ou explicite. Marie-George Buffet s'est exprimée dans le quotidien gratuit Direct Matin Plus. Ses propos m'ont laissé perplexe ; de fait, ils m'ont troublé. Que dit-elle ? En substance, que nous avons un problème d'image, que nous pouvons le surmonter et, ce faisant, que nous serons en état d'être un repère à gauche en suscitant des initiatives auxquelles nous convierions le PS, les Verts et l'ensemble de la gauche. Si c'est cela la réponse politique des communistes, inutile de se raconter d'histoire : nous conserverons notre position subalterne ; nous ne sortirons pas de notre effacement ; nous laisserons le devant de la scène à d'autres, autour de stratégies bien identifiées. Les termes du débat communiste, à quelques mois à peine du prochain congrès, sont-ils clairement sur la table ? Je ne crois pas. Jusqu'à ce jour, nous avons des documents préparatoires qui comportent un nombre impressionnant de points d'interrogation. Mais les interrogations les plus fondamentales, les plus « identitaires » ne sont pas mises en valeur.

Le problème le plus lourd qui nous est posé est celui de la double tenaille dans laquelle la vie politique actuelle nous enferme. D'un côté, une tendance au bipartisme qui s'approfondit, que les récentes élections locales ont entériné, que les glissements institutionnels vont élargir encore. D'un autre côté, un espace à gauche qui est occupé, de façon obsédante, par deux options visibles et deux seulement : celle d'un Parti socialiste installé dans une simple logique d'alternance et qui, d'une façon ou d'une autre, va se recentrer ; celle d'une extrême gauche qui, identifiant radicalité et refus, s'écarte de toute logique de rassemblement à gauche au nom de la « clarté ». Si les mâchoires de cette double tenaille ne sont pas desserrées, je dis qu'il n'y a aucune place pour un parti pris communiste, qu'il se contente de la continuation de l'existant ou qu'il se tourne vers sa mutation plus ou moins radicale. Affirmer que nous allons proposer à toute la gauche de discuter de contenus n'est rien d'autre que ce que nous faisons depuis des années : cela nous a conduits à moins de 2 % à l'élection présidentielle.

La première question structurante qui nous est posée me semble donc celle-ci. Pour sortir de l'étau, peut-on s'en tenir à la structuration actuelle de la gauche ? Dans un tête-à-tête maintenu entre, d'un côté, un PS hégémonique et, de l'autre côté, des forces d'alternative dispersées, y a-t-il un espace possible d'expansion pour un communisme politique ? Si l'on pense que la réponse à cette question est négative, il devient impossible de séparer la question du communisme de celle de la reconstruction de toute la gauche de transformation sociale. Des forces, et pas seulement dans l'espace des partis organisés, disent aujourd'hui qu'elles n'acceptent pas d'être placées devant le choix de Besancenot ou de Aubry-Delanoë-Royal.

Le récent appel lancé par l'hebdomadaire Politis (http://www.appel-a-gauche.org) en est une nouvelle manifestation. Que faisons-nous ? Nous travaillons avec toutes ces sensibilités, dans la durée, pour « faire force politique » et changer la donne à gauche ? Ou bien nous acceptons, soit la course à l'échalote avec la LCR qui nous laisse dans une minorité stérile, soit la place de supplétif du PS, qui nous rapproche de la majorité électorale mais nous éloigne de la transformation sociale ?

On retrouve alors, et immédiatement, la question du communisme. Si l'enjeu, pour les luttes sociales comme pour leur efficacité politique, est celui de la recomposition à gauche, je ne crois pas qu'on puisse l'aborder dans la forme actuelle du communisme politique. Les documents préparatoires évoquent la crise du communisme. Mais il y a deux interprétations possibles de cette crise : ou bien elle est conjoncturelle et il suffit de se préparer à la reprise de la marche en avant en rénovant l'outil PCF ; ou bien la crise, structurelle, est celle de la forme historique prise par le communisme après 1917 et, dans ce cas, c'est à l'émergence d'une nouvelle forme qu'il faut s'attacher. Il n'est donc pas possible de jouer sur les mots : ou bien on « rénove », ce qui implique que l'on maintient pour l'essentiel la structure née entre 1903 et 1920 ; ou bien on change de forme (on « transforme »), ce qui suppose de rompre avec quelque chose (non pas le communisme mais une de ses formes historiques) et on reconstruit.

Quand on retient la première piste, on est tenté par la logique du maintien : on change les visages ; on ne touche ni à la structure ni à la culture. Quand, au contraire, on estime que la seule dynamique rendant possible la survie se trouve dans la seconde piste, on tient l'immobilisme ou la prudence extrême dans le changement pour les pires des solutions. Choisir cette seconde piste ne règle pas tous les problèmes. Il ne suffit pas de proclamer le changement pour qu'il advienne ; il est impossible de changer « par en haut », ce qui s'est incrusté dans les mentalités, en bien comme en mal. J'ajoute que ce choix décisif (celui qui sépare immobilité de fait et mouvement) ouvre sur d'autres dilemmes. On peut, me semble-t-il, se mettre, sans trop de mal, d'accord sur l'idée que le parti pris communiste n'est pas obsolète mais moderne. Mais pour le faire vivre, faut-il que les « communistes » se constituent en parti politique distinct (cela n'a pas toujours été le cas dans l'histoire du communisme politique) ? Ou bien ont-ils intérêt à penser leur collectivité à l'intérieur d'une force politique de transformation radicale de la société, qui inclurait la composante communiste mais la déborderait, comme c'est le cas dans d'autres pays, par exemple en Allemagne ?

À toutes ces questions, j'apporterai sans nul doute mes réponses. Elles s'écarteront de certaines, se rapprocheront d'autres : seul le débat honnête et transparent permettra à chacun, y compris à moi-même, de pousser plus loin la mise en forme des choix. Encore faut-il que les questions les plus fondamentales soient nettement posées. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. À ce jeu, le communisme politique ne serait plus au centre de la controverse politique, quelles que soient les bonnes volontés et les vertueuses déclarations. Être un groupuscule de la gauche extrême ou la roue de secours du social-libéralisme : je ne suis pas devenu communiste pour cela.

 

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noureddine 15/06/2008 16:44

bonjour pierre
il ya une idée "deguelasse " sur le monde ,la france et les miltants dans le document préparatoire

je cite " nous ne heurtons au scepticisme des citoyens voire des militants quand à la possibilité de changer le monde" page 3
un parti qui se dit révoltionnaire qui a cette conception de la l'homme et de la vie est mort poltiquement ,culturellement et humainement !
noureddine elkarati un ancien menbre du pcf