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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Un excellent texte de JC Lefort sur les résultats du PCF

Publié le 22 Mars 2008 par pierre laporte in Créer une nouvelle force politique à gauche

Les élections m'ont rendu matinal,  ce matin  je découvre ce  texte de Jean Claude Lefort, ancien Député communiste du Val de Marne, sur l'analyse des résultats du Parti communiste.
Il est bien ce texte, vraiment ! De conférence de presse de Marie George Buffet en papier d'olivier Mayer je commencais à me demander si nous vivions sur la même planète.
Non le PCF tel qu'il est aujourd'hui ne représente plus une force capable de peser nationalement même si les résultats des élections marque un ralentissement de notre affaiblissement.
La question centrale c'est celle d'une alternative de gauche mais rééllement de gauche. Et le résultat de l'election c'est la bipolarisation qui continue.
Si nous voulons réaliser cette alternative et casser le processus de bipolarisation il faut commencer par une analyse sérieuse de notre situation.
La direction du PCF en proclamant que tout va bien continue dans son aveuglement. Je vous laisse lire le texte :

De l'interprétation du résultat des dernières élections

 

 

La qualité de l'interprétation des résultats des dernières élections municipales et cantonales est, en soi, une question majeure pour notre parti et son avenir.

 

Depuis dimanche une série de déclarations sont produites par ceux qui nous « dirigent » qui nous annoncent un « redressement » du parti communiste qui aurait « une crédibilité et dynamisme » renouvelés. Ils affirment, non sans gloriole, que nous sommes redevenus, en l'espace de moins d'un an, « le troisième parti » de France. En conséquence il en résulterait que : « si les problèmes n'ont pas tous disparus, nous sommes en meilleure situation pour les aborder ». 

 

Ces affirmations s'appuient sur les résultats des élections qu'il serait parfaitement incongru de bouder. De même nous partageons, tous, la joie qui se manifeste dans tous les endroits où nous avons gagné des positions.  

 

Mais si on s'appuie bien sur les résultats, il convient alors de les examiner de manière détaillée.

 

Pour les municipales les résultats de notre parti sont les suivants : s'agissant des villes de plus de 30.000 habitants nous perdons autant de ville que nous en gagnons, c'est-à-dire 3 ; pour les villes comprises entre 9.000 et 30.000 habitants nous en gagnons 1 ; pour celles de moins de 3.500 habitants, nous en perdons 10. Au total nous perdons 9 communes.

 

Pour les cantonales les choses se présentent ainsi pour le parti : nous perdons 10 conseillers généraux et un Conseil général particulièrement emblématique, celui de la Seine-saint-Denis, et nous gagnons la présidence de l'Allier.

 

Globalement nous perdons nationalement 1% par rapport à 2001 sur l'ensemble des cantons soumis à renouvellement.

 

Tels sont les résultats : moins une commune, moins 10 cantons, moins 1%.

 

Ce n'est certes pas la Bérézina. Mais allons un peu plus loin dans l'examen des résultats. S'agissant des cantonales, qui mesurent le plus clairement notre influence, nous progressons dans 30 départements et nous reculons dans 65. Nous sommes au dessus de 10% dans 32 départements et en dessous dans 63.    

 

Faisons une incidente sur ce dernier point. On entend des interprétations très spéciales, pour ne pas dire très spécieuses, selon lesquelles cette fois nous avons présenté 30% de candidats en moins que la fois précédente, et donc si nous avions présenté autant de candidats ce n'est pas 9% que nous aurions obtenu nationalement mais 12%. Il convient de raison garder car là, ça dérape.

Le problème est clair. Si nous présentions moins de candidats cette année cela tient à deux faits : soit nous soutenions dès le premier tour d'autres candidats, soit nous n'étions pas en mesure d'en présenter. De plus, si on retenait ce raisonnement, alors il faudrait créditer les partis qui ont présenté très peu de candidats (Verts, LCR) de chiffres faramineux. D'ailleurs les Verts, suivant ce raisonnement, déclarent avoir obtenu un « résultat excellent » avec 11,54% alors qu'ils se présentaient dans 452 cantons ! De même la LCR qui annonce un résultat de 6,5% alors que son score sur les cantons où elle se présentait est de 1,8%. En somme, à suivre ce raisonnement, moins on présente de candidats et plus on a de pourcentage, et vice et versa.

 

Restons-en donc aux réalités « vraies », sérieuses, et non aux extrapolations qui sont toujours dangereuses et sujettes à caution.

 

Les réalités qui résultent des scrutins sont donc ainsi clairement indiquées.

 

A partir de là il est deux méthodes d'analyses possibles. Ou bien on examine ces résultats uniquement terme à terme (à plat ou en soi, en quelque sorte) ou bien on les replace dans le contexte du résultat national, d'une part, et on les apprécie en terme de tendance, d'autre part. La seconde formule semble la plus appropriée pour tirer des enseignements et non seulement exprimer des réactions. 

 

Tout d'abord il est un point qui souffre peu de discussions, je pense : ces élections étaient des élections locales. Le poids des personnes et des enracinements était majeur en la circonstance. Le type de campagne menée n'était pas de moindre importance. C'est d'ailleurs pourquoi, à qualité égale de nos candidats, on note des résultas très contrastés d'un département à l'autre.

 

Je ne retiendrai que deux exemples, que je connais mieux, pour soutenir ce dernier point : le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis. Pourquoi diable, et je ne parlerai ici que des cantonales mais on peut également parler municipales, pourquoi dans ce dernier département (où nous étions majoritaires à nous seuls à l'origine et pendant longtemps) nous sommes-nous retrouvés dans une situation d'équivalence avec le PS en 2004 pour finalement être dépassé clairement par celui-ci en 2008 ? Ce qui lui permet d'en prendre la présidence ? Et pourquoi dans le premier département (qui ne manque pas de poser des problèmes sérieux, que cela soit clair) on assiste à un phénomène quasiment inverse ?

 

Ce n'est pas une querelle de chapelle, on l'aura compris, je l'espère.

 

Il mériterait tout de même que le parti sache pourquoi ces résultats en Seine-saint-Denis, des résultats qui viennent de loin et que nous n'avons pas contrariés (faisant exception à cette tendance la « région » autour de Villepinte) ? Pourquoi ?

 

Et ce sont principalement des camarades de Seine-Saint-Denis qui, du fait de leur nationale responsabilité, sont portés à nous expliquer sans sourciller ce que je soulignais au début ! Paradoxal, non ? Ils tirent des conclusions générales euphoriques alors même que dans leur département c'est la « cata », comme on dit.

 

Je ne comprends pas, je le dis tout net, qu'on puisse faire l'impasse sur ce qu'on connaît le mieux (et qui ne pousse pas à l'optimisme quand bien même nous déclarons être battus mais en situation « de conquête ») tandis que ceux-là même donnent des leçons de caractère général et définitif « à la terre entière ». Je ne comprends pas qu'un minimum de pudeur, d'humilité et de retrait ne s'empare pas d'eux et d'elles.

 

Il y a donc la posture politique adoptée qui a joué. Point à éclaircir. Et il y a aussi le poids de nos candidats qui a été un facteur non négligeable, je l'ai dit. Il en résulte une appréciation tout à fait nette : une somme de succès individuels ne fait pas le succès d'un parti.

 

Qui oserait prétendre que ces résultats électoraux témoignent d'une adhésion à notre politique nationale, à notre « projet » ? C'est d'ailleurs bien-là que le bât blesse. Le décrochage entre « notre » électorat local et la non-reconnaissance de notre politique générale qui aboutit, entre autres, à ce que nous ne récupérions pas des villes et des positions que nous avions encore récemment. Pour cela, et bien qu'on ait annoncé avant le second tour des succès qui ne se sont pas produits, il suffit de comparer les villes significatives perdues il y a encore peu et nos résultats actuels : ces villes très nombreuses - car je ne parle pas seulement des quelques unes données bien imprudemment gagnées avant le second tour - restent perdues.

 

De plus, les résultats le montrent : nous sommes toujours et fortement un parti dénationalisé (sans implantation nationale réelle). De sorte que si nous ne remontons pas globalement ces positions locales risquent fort de s'effriter rapidement. 

 

C'est une première série de réflexions.

 

Deuxième type de réflexions à prendre en compte me semble-t-il : comparer nos résultats relativement à celui des autres, spécialement à ceux du Parti socialiste. On ne peut s'abstraire de cette comparaison, non ?

 

En effet, que n'avons-nous pas entendu, parfois à juste titre, sur ce parti socialiste de la part de celles et de ceux - nombreux à la direction - qui défendent ce qu'il est convenu d'appeler une conception « identitaire » du parti et qui considèrent que toute idée de transformer radicalement notre parti comme étant suspect d'une volonté de le « dissoudre».

 

Cette comparaison est importante parce que nous sommes dans une période politique marquée par un fort reflux de Sarkozy, un mécontentement tous azimuts et une volonté de changement marquée, très marquée.

 

Le parti socialiste « recentré » qui en appelle au Modem (un Modem qu'on enterre bien trop vite alors que son problème est inverse au notre : soutien à son projet national, implantation locale négligeable), le parti socialiste devrait « normalement » subir nettement les conséquences et les effets de cette contradiction : une volonté de changement grandissante dans le pays et une offre politique recentrée.

Nous aurions du bénéficier de cette situation et non pas lui d'autant qu'en 2008 c'était une situation exactement inverse à celle de 2001 où il s'agissait alors de sanctionner la gauche. C'est pure logique. Normalement... 

 

Regardons les chiffres.  

 

Aux municipales, le parti socialiste gagne 55 villes de plus de 20.000 habitants (France métropolitaine). Je ne compte pas les autres....

 

Aux cantonales, la droite (toutes tendances confondues) perd 164 cantons. Le PS, qui, de tous les partis, présentait le plus de candidats à ces élections, progresse de 4,3 % et gagne 169 cantons. Nous en perdons 10, je le rappelle. Il gagne tous les conseils généraux perdus par la droite et nous, sauf l'Allier, soit 7. Il en dirige désormais 53 en France métropolitaine.

 

Mais allons un peu plus dans le détail. La droite, toutes tendances confondues, perd 164 cantons. Mais si on distingue la droite UMP des autres droites (inclus le Modem qui n'existait pas en 2001) on obtient des éléments très significatifs d'une évolution majeure qui s'installe durablement en France. En effet, la droite « non UMP » perd 326 cantons tandis que l'UMP en gagne 162 !

 

Ainsi le PS monte, et l'UMP monte tout autant. Conclusion limpide : le bipartisme  politique dans notre pays s'accentue. A eux deux, ces deux partis obtiennent ou cumulent près de 60% des sièges en France ! 

 

Accentuation du bipartisme, tel est le second phénomène majeur d'importance de ces dernières élections.

 

Nous sommes donc loin de devoir porter une vision « simpliste » sur ces élections.

 

Elles montrent que la droite sarkoziste, qui est en apparence rejetée, progresse tandis que décrié, sinon vilipendé par d'aucuns, comme étant un parti « soical-libéral » le parti socialiste progresse également.

 

Cela alors que le mécontentement et le besoin de perspectives radicalement neuves est appelé clairement par notre peuple.

 

Le carcan du bipartisme s'installe. Plutôt : il s'approfondit.

 

Cela nous éloigne quelque peu des « communiqués de victoire » produits mais cela nous rapproche de la vérité. Or qu'est-ce qui compte ?

 

Le pire en politique c'est de mentir ou de se mentir (deux faces d'une même pièce, en vérité). Toute chose égale par ailleurs, nous sommes confrontés, toujours, au même problème de crédibilité que celui posé aux présidentielles.

 

Si pour battre la droite il faut mieux voter PS, alors quid de l'avenir et du parti ? 

 

Un train ne peut pas en cacher un autre. Certes beaucoup s'attendaient à ce que ce soit pire. Et c'est vrai qu'il est totalement légitime de savourer les victoires obtenues de haute lutte. Mais le raisonnement qui aboutit à l'idée « que cela aurait pu être pire » est un raisonnement de gestion de l'acquis et non pas de conquête. Or c'est de cela dont nous avons besoin.

 

Pour y parvenir il faut avoir les yeux grands ouverts devant la réalité incontestable, chercher la vérité derrière les apparences immédiates. Et il convient d'ouvrir les voies à l'existence d'une réelle force politique de transformation sociale (qu'importe le nom, pour l'heure).

 

Tous les ingrédients sont réunis pour cela. Ne manque plus que l'audace et le courage pour le faire. En sommes-nous capables ? J'en suis sûr et certain. Mais pour cela il faut bannir à jamais le « vrai mentir », l'obsolète et le dogme.

 

Quand je lis sous la plume d'un responsable de notre parti, par exemple, qu'il nous faut « travailler au projet que doit porter la gauche », les bras m'en tombent. Quand je poursuis et que je lis que ce projet doit « être un projet de transformation de la société, etc. » sans dire le moindre mot de la dimension européenne et mondiale dans laquelle nous agissons de manière nouvelle mais bien réelle, je me dis : « Ca va, ça suffit ! Place au neuf ! »

 

Tout changer pour que rien ne change ne peut être notre politique. Et pourtant cette thèse a des adeptes chez nous. On s'accroche comme on peut, n'est-ce pas...   

 

La réalité contemporaine nous convoque historiquement comme elle nous a déjà convoqué en d'autres temps. Nous avons su y faire face hier à de nombreuses reprises et notre peuple comme la France n'ont pas eu à s'en plaindre. 

 

Avec Aragon, mais en toute modestie, je veux dire : « Hommes de demain, soufflez sur les charbons, à vous de dire ce que je vois ». 

 

 

 

 

Jean-Claude Lefort

Ivry, le 21 mars 2008 

 

 

 

 

 

 

      

 

Commenter cet article

nouredine elkarati 13/04/2008 01:19

bonsoir pierre
rectificatif ,je n'aime pas cette chanson de raphael ,qui contient des idées négatives sur la vie .A sego je lui dédie la chanson de françois valéry ,"tout est écrit " ,car tout écrit , même sa visite à Tremblay,lors des législatives 2007 , je crois que c'est cette visite inamicale dans son fondement qui est à l'origine de la division du ps local et de la rupture entre le ps et françois asensi . noureddine elkarati un refondateur communsite

mackendie 28/03/2008 15:34

Analyse très pertinente, je la diffuse !

noureddine elkarati 22/03/2008 15:40

sego ,je lui dedie la chanson de raphael vive le vent d'hiver et la chason de prévert......
sans autre commentaire
un refondateur communiste tel 01 48 606105
noureddine elkarati

gaebus 22/03/2008 14:41

SOUTENIR ET REMERCIER SEGOLENE ROYAL, proposition de communiqué peut être modifié et diffusé un maximum.
***************************

AIDER SEGOLENE C‘EST MAINTENANT : le meilleur investissement pour demain.

"le PS " ne l'aidera pas (voyez par exemple l‘ hebdo des socialistes).
Quant aux médias ? Il vaut mieux donner à Ségolène la possibilité d’avoir les siens. Les moyens de se faire mieux connaître et mieux faire connaître sa synthèse politique à tous les français. CELA COUTE.

Il n’y a pas de fatalité : POUR UNE MEILLEURE POLITIQUE.

Les « amis » de $arkozy l'ont aidé financièrement pour pouvoir être élu : il n'y a pas de miracle, pas même en politique.

Bien sûr individuellement on n'a pas leurs moyens mais nous pouvons être beaucoup plus nombreux a verser des sommes si petites soit elles qui serviront à gagner les prochaines batailles.

http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=participer_adherer

Le « PS » ( les anciennes mentalités qui le dirige) écarte Ségolène des médias (pire il la dénigre) et les médias ne peuvent que subir cet état de fait.

Ségolène à fait le choix du peuple, des sympathisants et militants sans compromission, refusant ce « PS » conservateurs les « anciens » voudraient monopoliser.

C'est maintenant que cela se joue : ou CA PASSE ou … ;

Ségolène ne se compromettra pas par manque d'argent, offrons lui tous les outils et les meilleurs, dont l’argent n’en est pas un des moindre.

Nous ne sommes pas seuls, j’ai envoyé une demande de soutient financier aux amis de Ségolène (dans l‘espoir aussi qu‘il diffuse une collecte de fond, sans doute y ont-ils déjà pensé) : P. Menucci, A. Filipetti, V. Peillon, N. Vallaud-Belkacem, G. Gorce, J.L. Bianco, D. Baltho, F. Rebsamen, D. Assouline, M. Sapin, D Bertinotti, J.P. Mignard , Désirs d’ Avenir et Ségolène Royal, mes quelques adresses mails dont des incertaines.

Je poste sur Internet partout ou je peux.
INVITEZ-VOUS A LA PUBLICITE QUI N‘EN SERA QUE PLUS EFFICACE,.

Imaginez une France avec les « anciens » du PS , le cauchemar avec Sarkozy et consort.
Et maintenant, le fruit de nos investissement :

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IMAGINONS NOTRE FRANCE modernisée AVEC SEGOLENE, SON EQUIPE et NOUS TOUS CITOYENS actionnaires VIGILANTS.SOUTENIR ET REMERCIER SEGOLENE ROYAL, proposition de communiqué peut être modifié et diffusé un maximum.