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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Quel avenir pour la gauche française

Publié le 5 Mars 2008 par pierre laporte in Créer une nouvelle force politique à gauche

Voici les réactions de  Sadek Hadjeres ancien  1 er secrétaire du PAGS à l'interview  de MG Buffet

Réflexions à propos d'une interview de M.G. BUFFET -

Sur France Inter, jeudi matin 28 février 2008  

 

 

MGB s'est référée à l'exemple de die Linke (parti de la gauche allemande qui remporte en ce moment des succès significatifs), pour justifier le projet d'un parti de gauche français, capable de surmonter le glissement électoral catastrophique de législatives de 2007.

Cela m'a suggéré quelques réflexions sur des thèmes que j'ai entendu souvent débattre, notamment à Espaces Marx. J'y retrouve aussi des échos d'une problématique plus générale dont j'ai connu quelques expressions dans le mouvement social et communiste algérien, lui-même confronté aujourd'hui aux questionnements d'une difficile recomposition.  

 

J'ai bien apprécié un certain nombre des réponses de MGB sur les problèmes concrets posés aux Français, par exemple sur la question de la médiatisation des grandes manifestations sportives. Quant au problème politique lancinant, concernant la recomposition de la gauche française, j'avoue être resté sur des interrogations et des inquiétudes. Les réponses de MGB aux questions qui lui ont été posées m'ont paru pécher par unilatéralité. Elles ne se sont pas appuyées selon moi sur  certains des vrais enseignements des expériences positives auxquelles elle se réfère (celle de Die Linke est l'une d'elles). Pas plus qu'elles n'ont pris en considération les  nombreux déboires dans le monde (je connais en particulier le cas de l'Algérie) où l'illusion d'élargir l'audience du mouvement social radical en renonçant à ce qui avait fait la force du mouvement communiste dans le passé s'est partout traduit par la dispersion et le rétrécissement souvent catastrophique de cette audience. Rançon d'une confusion déplorable entre la nécessité d'une mise à jour nécessaire pour se délester des approches dogmatiques et l'abandon  prétendu inévitable des fondements dûment vérifiés à travers les succès remportés lors des périodes fastes du mouvement révolutionnaire.

 

J'ai moi-même observé l'expérience allemande de Die Linke et surtout celle de Synaspismos en Grèce dont les derniers résultats électoraux et surtout la montée en flèche dans les plus récents sondages constituent une excellente référence des  possibilités ouvertes, sous condition, au mouvement de gauche (au dessous de 6% il y a moins d'une année, les sondages en faveur de Syriza (coalition radicale dont Synaspismos constitue le noyau) sont passés  à 12 ou même 14 %, portant ainsi les pourcentages potentiels de la gauche (si elle était unie) aux environs de 20 % (ou plus en tenant compte d'une dynamique créée par l'esprit et la pratique de l'unité d'action dans le respect des autonomies respectives). Depuis longtemps, les dirigeants socialistes du PASOk au service d'une politique de droite avaient caressé le rêve "d'avaler" une partie des cadres ou des électeurs de Synaspismos; aujourd'hui, sous la pression du mouvement social, c'est le mouvement inverse qui s'opère avec des secteurs socialistes sincères qui se tournent à gauche.     

 

Les réponses de MGB à des questions d'auditeurs  m'incitent  à penser que les enseignements essentiels de cette montée ne semblent pas avoir été saisis. Il m'a même semblé  comprendre, à  travers une certaine unilatéralité dans  l'argumentation, les raisons de fond qui pont amené ou précipité les reculs et la crise du PCF. Je ne crois pas que cette crise sera surmontée si les équivoques que j'ai cru remarquer ne sont pas levées. J'ai cru constater un paradoxe entre la montée du mouvement social en France que le PCF semble appuyer et même initier à la base, et des discours idéologique dont les ambiguïtés ne font pas fructifier le développement et l'ancrage organique du parti , si même ils ne contribuent pas à creuser l'écart d'audience dont souffre le parti en tant qu'organisation politique.

 

Les réponses de MGB à 3 questions d'auditeurs m'ont paru illustrer cela :

         1 - Raisons du décalage entre la grande influence du PCF des années 40-50 et l'effondrement électoral du PCF actuel

         2 - Raisons de l'effondrement de l'URSS

          3 - Appréciation sur les modalités d'enseignement et de sensibilisation à la Shoah préconisées par Sarko dans les écoles

 

Sur la question 1  : MGB rappelle à juste titre que le PCF avait assumé des tâches de large rassemblement national pour la libération de l'occupation nazie et pour la reconstruction. Elle omet en même temps de souligner que c'était accompagné de positons de classe (ne s'exprimant pas mécaniquement ou de façon ouvriériste) qui donnaient confiance aux travailleurs jusqu'à leur faire admettre consciemment certains sacrifices en faveur des tâches nationales (et pas seulement pour s'assurer une participation gouvernementale). C'est grâce à cette confiance que le PCF a su résister après 1947 aux attaques réactionnaires et atlantistes et conserver en cette période difficile une audience respectable.

 

Question 2 :  MGB indique avec raison le déficit démocratique parmi les causes de l'effondrement du système socialiste en Europe de l'Est . Mais elle le fait dans l'absolu, sans le contextualiser et surtout elle omet un autre déficit d'importance majeure selon moi : l'insuffisance de réalisations sociales au profit des travailleurs, insuffisances dont les raisons complexes auraient gagné évidemment à être éclaircies et approfondies. La gravité de cette insuffisance réside dans le fait que lorsque le système a été mis en danger par le démocratisme suspect de Eltsine (et tout ce qu'il y avait derrière lui), le système socialiste n'a pas été défendu par les travailleurs au nom de qui il avait été instauré.

J'ai eu l'occasion d'observer en URSS dans les années 87-88 l'expression de cette tragique coupure à la base, à l'occasion des assemblées de travailleurs et de la population organisées pour leur expliquer la perestroïka. A la fin des exposés, très théoriques et axés sur la démocratie, les questions très concrètes de l'assistance fusaient en rafales (encouragées par le climat de liberté d'expression). Pourquoi on ne trouve pas de viande au marché, pourquoi le saucisson est si cher, pourquoi les besoins de logement dans la localité restent sans solution, etc. Les représentants de l'appareil, certains sincèrement, d'autres rongés par le bureaucratisme et par l'élitisme ne comprenaient rien à ce qu'ils considéraient comme un manque de culture politique de la base laborieuse. Mais c'était eux qui étaient à côté de la plaque et inconscients de leur propre insensibilité sociale, indépendamment des réelles difficultés objectives de l'économie. Méconnaissance de la finalité du socialisme qui a été payée cher!

 

Question n° 3 : MGB souligne à bon droit la position et les efforts de clarification des communistes sur ce qu'a été la << Shoah >>. Mais elle est restée sur le terrain où les sionistes cherchent à enfermer la question, lorsqu'ils mettent en avant à tout bout de champ la Shoah pour occulter la responsabilité écrasante de leurs comportements colonialistes et racistes dans la montée des haines et de l'antisémitisme en Palestine et dans l'embrasement de toute la région.

 

Il me semble que dans les guerres psychologiques acharnées ainsi  livrées aux peuples et aux communistes, l'erreur serait d'être complexés par les arguments fallacieux et unilatéraux que les impérialistes néolibéraux utilisent sans arrêt pour conditionner l'opinion. ( J'en vois un exemple aujourd'hui encore, quand les media officiels en restent à l'appel pressant aux FARC de libérer Ingrid Betancourt, Appel tout à fait compréhensible, mais dangereusement boiteux et trompeur s'il ne s'accompagne pas de l'exigence et de fortes pressions pour que le réactionnaire Uribe crée lui aussi les conditions sectorielles de sécurité  et politiques pour faciliter la libération des otages.

 

Dans les 3 cas, réponses déséquilibrées: chaque fois la réponse aborde un aspect vrai. Mais faute d'en aborder l'autre aspect, pourtant fondamental, on peut comprendre que la position unilatérale ainsi exprimée prête le flanc à des interprétations et des pratiques opportunistes. Le PCF s'en trouve laminé, comme paralysé et prisonnier des pressions s'exerçant à ses deux ailes. A sa gauche, le PCF perd du côté  de larges secteurs prêts à lui apporter leur soutien, ce sont des formations gauchistes qui tirent bénéfice de ce qui apparaît comme carence et abandon par le PCF de ses positions de classe. Sur sa droite, une partie des gens les plus sensibles aux arguments et  préoccupations de souplesse, de réformes, d'unité d'action avec les socialistes ou le MODEM n'ont pas de raisons particulières de s'investir avec le PCF puisque des formations plus à droite assument ce type de préoccupation.

 

L'enseignement essentiel à mon sens, confirmé par les progrès spectaculaires de Die Linke et de Synaspismos, c'est la nécessité d'une combinaison maîtrisée et simultanée entre de fermes positions de classe, sensibles aux souffrances et préoccupations des couches les plus exploitées et une grande ouverture sur les efforts unitaires autour, non pas de combinaisons et coalitions trop électoralistes, mais autour de programmes d'action sur des problèmes concrets vécus par les gens, les institutions et la Nation.

Je comprends bien que ce n'est pas un voie facile dans l'état où s'est retrouvé aujourd'hui le PCF. Mais il me semble que c'est la voie la plus sûre du redressement, en commençant par freiner tout ce qui alimente la spirale des glissements. Cela suppose de faire reculer les crispations des uns et des autres sur des points de vue idologiques unilatéraux qui ne font qu'ouvrir la voie aux émiettements et aux implosions. Il est possible et préférable me semble-t-il de renforcer les consensus favorables à l'unité d'action résolue autour des intérêts de classe, climat le meilleur pour les prises de conscinece et décantations idéologiques sur la base de l'expérience acquise. Il serait dommage de gâcher les conditions et les appuis potentiels qui existent déjà pour cela dans la société et le mouvement social et se renforceront de plus en plus tant que le PCF veillera à être à leur écoute  

 

   
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Ryckelynck Yannick 22/03/2008 11:32

Parmi tous ceux qui recherchent (plus ou moins à l'aveugle, mais il faut bien essayer) les voies de la construction d'un nouveau mouvement révolutionnaire, nous sommes quelques uns à penser qu'il faut donner la priorité à la lutte pour la construction d'une Europe Sociale, seule susceptible d'offir une alternative réaliste au naufrage au sein de la mondialisation capitaliste (même si nous en mesurons toute la difficulté) Voir le blog Europe Rouge.

noureddine elkarati 05/03/2008 04:06

Bonjour pierre
Sur la crise des partis et la strcture viellie qu'est le pcf :voir cette contribution dans le site des communistes unitaires .

Révolutionner le fonctionnement politique actuel
Écrit par Michel Le Déan
11-12-2007
Le 11 décembre, Michel Le Déan a envoyé à ses camarades de la section de Saint-Nazaire, ce courriel qu'il nous a autorisé à reproduire ici. La rédaction

J'ai adhéré au PCF en 1962 (c'est la guerre d'Algérie qui m'a fait franchir le pas), et ce n'est pas de gaité de coeur que je décide aujourd'hui, après beaucoup d'hésitations, de rompre cet engagement de 45 ans...
Que se soit clair , je ne renie en rien ce qui reste - je pense, notre idéal commun : LE COMMUNISME...
Au contraire, je me sens plus communiste que jamais...

Ce ne sont pas mes désaccords -nombreux, mais somme toute, pas plus que mes accords- avec les orientations politiques du PCF qui ont été déterminants dans mon choix. ( aux présidentielles, j'ai voté Bové, mais j'ai trouvé que Marie Georges Buffet avait fait une bonne campagne)

Je pense que le PCF, malgré ses erreurs et ses défauts (que j'assume au même titre que les autres communistes) a été un instrument d'émancipation d'une grande valeur particulièrement pour la classe ouvrière.

Mais je pense qu'aujourd'hui, le PCF n'est plus , ne peut plus être, en tant que structure, ,ni l'instrument ,ni même le creuset d'une lutte victorieuse contre le capitalisme , pour l'émancipation communiste.

En disant celà, je ne méprise pas le travail de ses élus ni l'action de ses militants dont je continue à partager la plupart des combats.
Je ne sous estime pas les efforts engagés par le Pcf pour se transformer, Je ne me désintéresse pas des choix qui seront faits au congrès 2008 . Mais je ne veux pas mettre de l'énergie dans un projet que je juge illusoire:une structure obsolète, ne peut pas se réformer et encore moins se dépasser "de l'intérieur".

Oui, je considère que le PCF est une structure obsolète. Cette structure, née au début du siècle, a fait de grandes choses, mais je pense qu'aujourd'hui, sa verticalité, sa conception de la prise du pouvoir notamment l'on empêché d'évoluer et de réaliser son objectif d'émancipation communiste ( objectif qu'elle a d'ailleurs oublié ou remis aux calendes grecques).
Ce que je dis du PCF vaut aussi pour les autres partis, notamment de la LCR: Même si je partage beaucoup de ses orientations , je considère qu'elle a grosso modo le même héritage que le PCF. Elle affirme plus clairement que le PCF son objectif révolutionnaire et son refus du social libéralisme, mais elle est encore plus floue qui lui sur les moyens pour construire un rassemblement majoritaire à gauche.

J'irai même plus loin, c'est toute la vie politique, syndicale et associative qui est a revoir et a révolutionner: Toutes les organisations fonctionnent sous la forme du centralisme démocratique et de la délégation de pouvoir. Elles établissent la coupure entre le politique, le sociétal et le syndical. La politique est le "domaine réservé" des partis ( essentiellement ceux "de gouvernement) le syndicalisme et l'associatif sont réduits au role de groupe de pression ( avec les risques du corporatif) ou (et) d'accompagnement, en aucun cas ils sont élément essentiel de la construction politique


Mon expérience pluraliste au Mrap, le niveau politique des AG de grévistes de 1995, et de 2003 ( pour ne citer que les mouvements où j'ai participé le plus activement), la campagne pour le non qui a fait se rencontrer et converger des gens d'histoire et d'orientation politique bien différentes, le travail des collectifs du 29 mai ( malgré l'échec de la candidaure commune) et la campagne autour de Bové (avec ses contradictions) m'ont montré que le champ des possibles était grand, que les idées communistes étaient partagées bien au-delà des rangs des encartés, que le dynamisme du mouvement et son impulsion, n'était plus l'appanage exclusif des structures classiques ( partis , syndicats).... L'échec de 2007et le KO idéologique infligé à la gauche par Sarkosy, m'ont convaincu de la nécessité d'un combat IDEOLOGIQUE de FOND, et d'une REVOLUTION du fonctionnement politique actuel.

Le manque de réactivité face aux lois dites "sécuritaires" qui touchent essentiellement les milieux populaires..La revolte des quartiers populaires de novembre 2005 ( qui a pris de court les partis politiques qui ont surtout pensé à "calmer " le jeux et a réprimer), les débats autour du "mouvement des indigènes de la république", la polémique autour du "voile", les 3 années passées à la Réunion, m'ont sensibilisé à des combats régulierement sousestimés par les forces politiques dites "révolutionnaires": les enjeux de la memoire , le poids du "passé-présent colonial"

Je quitte le PCF, sans amertume, je garde toute mon estime à "mes camarades" ( même ceux qui me traiteront de "lacheur" ou de déserteur" et je ne regrette rien,

Je ne quitte pas le PCF pour rentrer dans un autre parti, ni pour prendre ma retraite de militant,

Je n'appelle personne à me suivre...Je quitte un chemin qui a mon avis ne mene nulle part, mais sans avoir de certitudes sur les voies qu'il faudrait défricher, ni avec qui le faire.

Grosso modo je partage le point de vue des CU (communistes unitaires) qui proposent de construire simultanément, le rassemblement de ceux qui se sentent "communistes", et un mouvement de gauche, radicalement anti libéral, a vocation majoritaire. Mais je suis aussi intéressé par ce qui se fait ailleurs: dans le pcf, a la lcr, dans les comités unitaires, à la "gauche maintenant....Les creusets sont multiples -un peu trop peut-être- mais c'est ainsi

Revolutionner la vie politique , c'est compliqué, le saut dans L'INCONNU peut faire peur, mais je trouve que le jeu en vaut la chandelle. De toute façon, on n'a pas le choix si on veut que çà change vraiment!

Bien amicalement

Michel Le Déan

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noureddine elkarati - lettre à michel le drean 83.112.157.203 | 2008-02-15 04:09:04

cher michel
ton combat est le notre ,ton combat est le mien .ton constat sur le parti est limpide ,mais moi j'ai decidé de rester menbre du parti .cela serait indigne de ma part de quitter le parti ,alors que nous sommes quelques camardes ,une quarantaine qui faisont vivre le parti à Tremblay en France ,en seine saint denis .Il ya encore cette joie de militer ,de se reveiller à 6 heures du matin pour distribuer des tracts à la gare .bien sur il faut depasser les partis ,mon étude je l'ai intitulé "la vie n'est pas le parti" ,mais le combat pour créer une nouvelle force doit se faire de l'intérieur . je suis communiste unitaire jusqu'au bout des ongles ! mais si la vie n'est pas le parti ,on doit se battre contre la vie ,pour qu'elle conçoive le parti ,il faut lutter contre la vie . un nouveau monde cherche à naitre ,il ne se fera pas sans toi MICHEl. Tu soulignes à juste raison le role d'amancipation de la classe ouvriére du pcf .Au nom de cette émancipation ,adopte le pcf dans ton coeur .fraternellement noureddine elkarati