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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Un hommage du parti socialiste à mes propositions

Publié le 8 Février 2008 par pierre laporte in conseil général


Dans un  article paru aujourd'hui dans le parisien les socialistes de seine st denis annoncent leur volonté de faire rentrer le département dans le 21 ème siècle. Pour se faire ils avancent un certain nombre de propositions et je retrouve une position que j'ai faite à deux reprise s en séance du cg
Procès-verbal de la
Séance du 27 septembre 2005
 
M. Laporte.- Monsieur le président, chers collègues, je suis bien heureux que Michel Teulet ait développé son intervention. Contrairement à ce que font d’habitude nos collègues de droite, il l'a développée sur des questions de politique générale, de politiques nationales et mêmes européennes et mêmes au-delà, puisqu'il nous a parlé du monde, et particulièrement du modèle social danois.
 
Je le mettrai en garde sur le modèle social danois. Il n’y a pas si longtemps on avait un modèle social magnifique, un développement économique extraordinaire, d'un pays qui s'appelle l'Argentine, dont on voit ce que les recettes du FMI ont fait aujourd’hui.
 
Sur l'intérêt des délocalisations, en Asie ou certains pays d'Europe, on peut penser qu'il y a du développement développement, de l'emploi etc., mais il faut voir sur la longue durée, et plus particulièrement, à l'échelle du monde, le désastre africain et la catastrophe sud-américaine. Ce monde-là ne peut évidemment nous satisfaire.
 
Sur les PME/PMI, vous faisiez remarquer, Michel Teulet, qu'elles sont l'essentiel des entreprises du département, certes, et vous disiez à juste titre que ce ne sont pas elles qui imposent la politique économique etc. Je dirai même que souvent elles la subissent, notamment comme sous‑traitants des grands groupes. On en est bien conscient, mais néanmoins la politique économique au niveau du monde, de l'Europe et de la France est bien déterminée par les grands groupes. Il n'y a qu'à voir la situation du coût du pétrole aujourd'hui.
 
En première partie, je voudrais dire que l'emploi ne rentre pas dans les compétences stricto sensu du conseil général. En revanche, ce qui est bien vrai, c'est que nous avons pleinement la compétence des conséquences du chômage, ce qui peut nous interroger sur la logique de la décentralisation que nous vivons, à marche forcée, aujourd'hui. Mais ces questions, nous allons les aborder dans la suite du débat avec la position du conseil général sur les emplois tremplins et les emplois d'avenir.
 
Pour autant, nous ressentons la nécessité d'un débat sur l'emploi car c'est la préoccupation première des Français et, au-delà, de beaucoup d'Européens, car il faut poser la question sur le plan européen. Les élus locaux que nous sommes, connaissons bien au quotidien les difficultés de nos concitoyens et les conséquences sociales du chômage. C'est pourquoi notre groupe souhaite faire une proposition qui rejoint une idée que vous évoquiez Michel Teulet : la permanence. Je ne la traduirai pas de la même façon car je pense que dans les propositions faites par le président du conseil général certains points marquent bien la permanence. Mais il a été évoqué la question d'Assises. Dans notre groupe, nous verrions bien la création d'un conseil économique et social départemental, mais j'y reviendrai en conclusion. Auparavant, je souhaite, tout comme vous, développer quelques commentaires d’ordre général sur l'emploi et la situation du département.
 
Récemment, un élu de droite, face aux médias, faisait une déclaration. Il évoquait le devoir, pour les élus, d'informer, d'expliquer aux citoyens les mécanismes économiques pour qu'ils prennent conscience des réformes indispensables. Je suis persuadé qu'il est nécessaire d'avoir de tels débats avec nos concitoyens sur l'économie, mais pas pour leur expliquer que ce sont des lois naturelles auxquelles nous devons nous soumettre, mais plutôt que celle-ci (l'économie) est le fruit de l'activité humaine et qu'il appartient aux concitoyens de la maîtriser, si nécessaire de la changer.
 
Il nous faut bien partir du constat de la situation réelle et de l'analyse des politiques, tant patronales que gouvernementales pour tendre à l’efficacité de nos politiques plus sectorielles. Depuis plus de 15 ans, nous connaissons un taux de chômage autour de 10 %. Toutes les politiques d'emplois aidés, de baisse des charges sociales, d’aide aux entreprises, n’ont fondamentalement rien changé. Ces politiques sont donc socialement inefficaces.
 
D'un côté, elles permettent aux entreprises – les plus grandes certes – d'améliorer leur rentabilité, mais cela ne leur suffit pas. L'exemple de Hewlett-Packard que je ne développerai pas est hélas significatif. Les profits d'aujourd'hui créent les chômeurs de demain. De l'autre côté, nous ne faisons que changer la position des demandeurs d'emploi sur la liste d'attente, et en dépensant des sommes importantes pour les collectivités locales, sans compter le coût social avec des vies gâchées, l'échec scolaire, qui nous amènent à former une deuxième fois ceux qui sont sortis du système scolaire, etc.
 
Mais n’oublions pas le coût économique avec la braderie des biens de la Nation :  par exemple la vente des sociétés d'autoroutes, ou le débat sur la vente de la SNCM, à des fonds de pension à des prix cadeaux alors que ces sociétés n'ont comme cœur de métier que celui du profit maximum. Mais il est vrai que le chômage avec le manque à gagner des caisses de retraite contribue à leur développement.
 
Pour trouver des solutions, M. Sarkozy, qui n'a aucune idée nouvelle dans le domaine, va piocher dans le modèle américain pour nous proposer de faire baisser le chômage en cassant le Code du travail, en précarisant l'emploi au maximum. Mais le modèle américain, dans les circonstances tragiques de ces dernières semaines, nous montre, à nu, les plaies du néolibéralisme.
 
Le rapport présenté par le président Bramy montre combien la situation de notre département est à la fois difficile tout en pointant des atouts et des perspectives. C'est de cette réalité-là que nous devons partir tous, en sachant que la question de l'emploi ne se règlera pas par des solutions sequano‑dionysiennes, ce qui ne veut pas dire que nous n'ayons rien à faire.
 
Sur le Département, lorsqu'on examine la situation, notamment par les chiffres donnés ces derniers mois par le club Conjoncture 93, que l’on n'accusera pas d'être partial, on constate un certain nombre de choses : les crédits à la consommation augmentent, le nombre d'achats de véhicules neufs est au plus bas depuis six ans, la valeur des encours des crédits immobilier a augmenté de 70 % sur quatre ans.
 
Dans une situation de l'emploi comme nous la connaissons, cela se traduit, dans les services sociaux et les CCAS du département, par un endettement des familles qui s'amplifie et qui touche de nouvelles franges de la société. Le nombre d'allocataires du RMI augmente. Le nombre de chômeurs augmente même si le taux d’évolution diminue et si ces taux sont plus faibles qu'en Île-de-France. Le taux de chômage reste le plus élevé d'Île-de-France après Paris, 13,6 contre 11,5 à Paris.
 
L'emploi continue de se désindustrialiser au profit de la tertiairisation. Je ne comprends pas d'ailleurs votre position car je pense que quand on parle d'industrie, on n'est pas forcément dans les fonderies, on peut parler de haute technologie. Pourquoi n'y aurait-il plus de productions dans les pays développés à haute technologie ? Surtout qu'elles s'accompagnent généralement – et les États-Unis ne se gênent pas pour en avoir – à proximité de pôles de recherche importants. D'ailleurs, le vice-président Jean-Charles Nègre a évoqué cette situation sur les déséquilibres régionaux nord-est et sud-ouest en matière de recherche à travers les pôles de compétitivité, ces derniers révélant à la fois cette désindustrialisation comportant des dangers au niveau de la concurrence entre les territoires.
 
Face à cela, il est nécessaire d'agir d'autant que, toujours dans les mêmes sources, on s'aperçoit que la précarité qui est appelée de ses vœux par le Gouvernement, se développe à grand pas puisqu'en 2004 elle s'est accrue de 18 % sur le département, et que les contrats de plus de 6 mois sont en régression constante : moins 4 % pour 2004.
 
On voit une société différente se dessiner. C'est un choix, ce n'est pas le nôtre. C'est pourquoi notre groupe participera, avec les salariés, à la mobilisation du 4 octobre, que nous soutenons les propositions du président tout en étant comme lui attentifs à ce qu'elles soient complétées, accompagnées de garanties pour ne pas contribuer à précariser davantage l'emploi. C’est pour cela, d’ailleurs, que les emplois d'avenir, comme pour une part aussi les emplois tremplins, sont pour nous des propositions qui ne sont pas de réelles solutions aux problématiques de l'emploi. Ce n'est pas pour cela que l’on doit avoir une politique nihiliste néanmoins.
 
Enfin, nous rejoignons tout à fait les propositions faites sur la nécessité d’exercer une veille publique et citoyenne sur les entreprises ayant bénéficié d'aides publiques pour en mesurer le bien-fondé et l'utilisation.
Nous sommes pour ouvrir des pistes dans le cadre de l'économie sociale et solidaire. Nous devons regarder de près l'ensemble de nos politiques départementales pour les mettre aussi au service de l'emploi et de la formation, ainsi que concernant l'entreprise conseil général.
 
Enfin, nous renouvelons notre proposition de créer un conseil économique et social départemental pour procéder, de façon permanente, avec les représentants de toutes les forces vives de ce département, dans la concertation et la confrontation des idées, à une analyse détaillée de la situation pour affiner notre connaissance des problèmes et ouvrir des perspectives pour peser dans le bon sens sur la réalité.
 
Au sein de ce futur Conseil économique et social départemental comme au sein de notre assemblée, il faut pousser la réflexion pour agir en ne négligeant aucune piste, aucune idée, aucune proposition. Ce Conseil pourrait s'inspirer des modèles existants, mais également être un atout significatif dans notre effort de démocratie participative. Je vous remercie.
 
 
M. le président.- Merci.
 
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