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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Réunion sur la politique du conseil général en direction des personnes âgées

Publié le 14 Janvier 2008 par pierre laporte in Tremblay actualité



Le 29 Janvier le conseil général va voter son schéma départemental en faveur des personnes âgées. Ce schéma qui porte les grandes orientations du conseil général jusqu'en 2012 mérite débat d'autant que le conseil général a aujourd'hui une compétence très importante en la matière.

La question des personnes âgées est une question majeure de société puisque leur part dans la population croît et que nous vivons de plus en plus vieux. Il s'agit de bien vivre  le grand âge, en évitant la dépendance et en l'assumant le mieux possible quant elle surgit.

La dépendance pèse lourd dans le budget des intéressés et de leurs familles, nous devons en débattre.
D'autant que les règles de compensation par  l'Etat de ces charges transférées au conseil général sont injustes et font porter aux plus modestes le coût de leur dépendance.
Avant de participer au vote du conseil général sur ce schéma, je souhaite, comme je l'ai fait pour le vote du budget, échanger avec vous, particulièrement avec les retraités de Tremblay et tous ceux qui sont intéressés par ces questions.
Je vous propose de nous rencontrer à 15h30 le 25 janvier (salle des associations près de la mairie) pour en débattre.
Comptant sur vous, amicalement.
 Pierre Laporte
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noureddine elkarati 15/01/2008 15:46

Les parcours résidentiels de fin de vie d'une cohorte de retraités de la région parisiennne.



Françoise Cribier - Alexandre Kych
Lasmas-Institut du longitudinal, Iresco, CNRS, Paris
Note de synthèse du rapport (janvier 1999 - 40 pages)
Cahiers de Recherches de la MlRe n° 5 - mai 1999




L’allongement de l’espérance de vie aux âges élevés donne, dans les pays industrialisés, de plus en plus d’acuité à la question des modes de prise en charge des personnes âgées, tant à domicile qu’en institution. Pour autant, il existe peu de données disponibles pour documenter les parcours résidentiels de ces personnes. L’originalité du travail présenté ici est de reposer sur une approche longitudinale dont la très longue période d’observation permet de disposer d’une importante base de données. Si l’exploitation de celles-ci reste à poursuivre, les premiers résultats - essentiellement descriptifs –contribuent à une meilleure connaissance des parcours résidentiels de fin de vie. Ils sont susceptibles d’intéresser tous ceux - pouvoirs publics, professionnels, chercheurs – qui souhaitent disposer de données permettant d’élargir la réflexion sur les évolutions des modes de résidence des personnes âgées.

La génération de retraités nés vers 1907- 1908 est la première à avoir bénéficié après sa retraite du fort allongement de la durée de la vie aux âges élevés qui commence vers 1970, transformant la vie des gens âgés: au début de 1998, un quart de siècle après la prise de retraite, 20 ‘li- des sujets sont encore en vie 13 % des hommes et 3 I % des femmes. L’âge médian au décès de la cohorte, c’est-à-dire celui où sont morts la moitié des sujets, est de 79 ans pour les hommes, 85 ans pour les femmes. C’est la première génération pour laquelle la vieillesse aura duré plus longtemps que l’enfance ; la moitié des hommes auront vécu plus de quinze ans après la retraite, la moitié des femmes plus de vingt et un ans. Nous avons voulu décrire, pour une population bien connue (voir encadré) qui a achevé sa vie professionnelle en agglomération parisienne, et liquidé la retraite en 1972, une phase importante et mal connue de l’existence, à laquelle les sciences sociales se sont bien peu intéressées. Le “parcours de fin de Vic” commence le jour où l’on quitte son domicile pour ne plus y revenir, et se termine au décès.

Les fins de vie décrites ont eu lieu entre 1972 et le début de 1998 : l’observation sera poursuivit ultérieurement jusqu’à l’extinction de la cohorte. On voulait d’abord établir le lieu du décès: pour le quart des gens, il a eu lieu dans un domicile privé, et pour les autres dans une institution de soins et/ou d’hébergement. On voulait aussi, pour tous, établir le dernier domicile privé antérieur au décès, et pour ceux qui ne sont pas morts chez eux, reconstituer Ic parcours du dernier domicile privé au lieu du déc&. Cc parcours comprend un ou plusieurs séjours en institution, 6ventucllement des séjours chez les enfants. II l’allait donc établir la durée totale du parcours et son calendrier, les localisations, les caractéristiques des séjours successifs.

Dans la plupart des études sur les institutions ou sur la fin de vie, on connaît finalement peu de chose sur les sujets. Beaucoup les décrivent au temps t, et souvent dans des types particuliers d’établissements. D’autres études, très utiles elles aussi, décrivent des parcours, mais du point de vue de l’établissement (les entrants et les sortants d’une période). Seule la description des parcours d’un ensemble de contemporains permet, d’observer, dans une biographie collective, “\ les fins de vie d’une génération, selon les milieux sociaux, les situations familiales. les localisations, l’usage fait alors des établissements de soins et d’hébergement. Elle permet notamment d’établir une donnée longitudinale jusqu’ici inconnue : combien de gens de cette génération auront habité en fin de vie dans une OLI des institutions d’hébergement?


Une collecte laborieuse

Dans le cadre du suivi de notre panel, nous avions recueilli, année après année, leur histoire résidentielle depuis la prise de retraite, c’est-à-dire la succession de leurs résidences permanentes. Mais avec l’avance en âge les résidences deviennent plus difficiles à connaître du fait d’adresses fictives (nos enquêtes ont constaté 2 % d’adresses inexactes en 1975, 8 % en 1985, plus de 16 % en 1995), notamment pour les personnes entrées en institution. Aussi, pour décrire la fin de vie, avons-nous dû recueillir une seconde histoire dont les étapes, le rythme et le mode de collecte diffèrent de la précédente. Nous nous sommes intéressés cette fois à tous les séjours, aussi bien “permanents ”, y compris en institution d’hébergement pour personnes âgées, voire pour adultes handicapés ou malades mentaux, ou quelquefois chez des enfants (notamment entre deux séjours en institution), que “ temporaires ” dans des établissements de soins de court ou moyen séjour. Ces séjours peuvent être très courts, et doivent être datés au jour près. La nouvelle histoire a été reconstituée à partir du décès, en remontant d’une institution à l’autre jusqu’au dernier domicile personnel. Nous connaissions déjà en principe ce domicile dans la première histoire résidentielle, mais nous avons été amenés plusieurs fois à modifier celle-ci en découvrant des résidences ignorées, ou des dates d’entrée plus précoces.

Pour reconstituer la fin de vie en institution, nous nous sommes fondés sur trois sources : les actes de décès, des enquêtes auprès des établissements et des enquêtes auprès de la famille. Les actes de décès donnent l’adresse du lieu de décès, le domicile et le statut matrimonial au moment du décès. Seuls une vingtaine n’ont pu être retrouvés, qui correspondent à des natifs de l’étranger. Les enquêtes auprès des institutions cherchaient à connaître les dates d’entrée et de sortie, et, plus difficile à obtenir, la provenance : autre institution, domicile personnel, autre domicile privé. La diversité des types d’établissements et la variété des interlocuteurs sont à l’origine de la lenteur et des difficultés de la collecte, mais finalement 9 sur 10 des parcours de fin de vie sont en principe convenablement identifiés et datés. Bien sûr, les sans-réponses sont plus fréquentes pour les décès anciens ; certaines correspondent à des établissements disparus, d’autres à des réponses dilatoires allant du refus explicite aux archives disparues, un petit nombre correspond sans doute à des séjours très brefs n’ayant pas laissé de traces. Des enquêtes auprès des familles ont permis de compléter en amont des parcours incomplets, et de comprendre le sens de ces parcours. Elles sont difficiles à réaliser: il faut identifier les proches, et le temps qui passe empêche de retrouver leur adresse contemporaine. Nous avons rencontré trois difficultés majeures, dont les effets ont des liens évidents avec l’existence, le nombre et la durée des séjours.

- L’identification des lieux de décès peut être délicate. L’adresse (seule indiquée) peut correspondre à une adresse privée déjà connue comme domicile de l’enquêté ou à l’adresse notoire d’un grand établissement de soins ou d’hébergement. Dans les autres cas, il faut consulter des répertoires, les fichiers du SESI (Service des études et des systèmes d’information du ministère de l’Emploi et de la Solidarité, intégré depuis à la Direction de la Recherche, des Etudes, de I’Evaluation et des Statistiques (DREES)), les renseignements téléphoniques, les DDASS(( Directions Départementales des Affaires Sanitaires et Sociales), les bureaux de poste ou les mairies, sans être totalement assuré, notamment pour les décès anciens, de toujours reconnaître une institution derrière son adresse. Or l’identification du lieu va dire si la vie s’est achevée en institution ou non, et donc s’ il y a lieu de reconstituer un parcours. L

- Le deuxième point sensible est la provenance déclarée par les institutions. Il faut faire la part entre des séjours réels dans une autre institution ou un domicile particulier, des localisations occasionnelles, des adresses périmées reprises dans des papiers d’état civil, des localisations fictives chez un enfant qui s’occupe de ses parents.. . On peut toujours confronter les informations fournies par deux institutions successives, mais le problème demeure pour les premières institutions 8 Cahiers de Recherches de la no5 - mai 1999 de ces parcours de fin de vie: sont-elles toujours les premières, le sujet venait-il bien de son domicile?

- Enfin, il n’est pas toujours aisé de définir un séjour: s’agit-il du séjour dans une institution, sur un site, dans un établissement dans une section, dans un service et comprend-il ou non d’éventuels passages temporaires par d’autres services, sections, etc.? Les réponses fournies ne sont pas toujours claires à ce sujet et le nombre de séjours peut varier selon les interlocuteurs.


Les lieux de décès : où meurt-on ?

On a identifié les lieux de décès en distinguant le domicile personne1 des institutions, même si les gens y étaient domiciliés au sens de l’acte de décès. Alors que les décès en établissement de soins (61 %) concernent un ensemble très divers de sujets, et la même proportion d’hommes et de femmes, la part des décès à domicile (26%) et en institution d’hébergement (13%) varie en fonction de toutes les grandes caractéristiques des sujets : âge, sexe, statut matrimonial, position sociale, localisation à Paris ou en province.

Les décès dans un domicile personnel concernent 30 % des hommes et 20 % des femmes, les décès dans un établissement d’hébergement 17 % des femmes et 9 % des hommes. Au cours des vingt-cinq ans observés, les décès à domicile se produisent à un âge moyen un peu plus élevé que les décès en établissement de soins, mais c’est dans les établissements d’hébergement qu’on meurt le plus âgé (85 ans pour les femmes, 82 pour les hommes). Les femmes sont un tiers moins nombreuses que les hommes à mourir à domicile, mais deux fois plus nombreuses à mourir en institution, parce qu’elles sont mortes plus âgées, et beaucoup plus souvent veuves, divorcées ou célibataires. Le statut matrimonial est une variable essentielle : au moment du décès, seulement 16 % des femmes étaient encore mariées, alors que 67 % des hommes l’étaient.

- Ainsi parmi les femmes ou les hommes mariés, la part de ceux qui meurent chez eux est peu différente (34 % des hommes et 30% des femmes), et parmi les non-mariés elle est de 24 % pour les hommes, 18 % pour les femmes.

- Parmi les gens qui meurent en institution d’hébergement, il y a proportionnellement deux fois plus de femmes que d’hommes, mais quatre fois plus de gens non mariés : 5 et 7 % des hommes et des femmes mariés meurent dans les lieux d’hébergement, et 23 et 28 % des non-mariés.

La part des décès à domicile ou dans une institution d’hébergement est différente selon que l’on meurt à Paris ou en province, mais les différences sont en sens inverse selon que l’on meurt dans la jeune retraite ou au-delà de 75 et surtout 80 ans.

A la jeune retraite, les gens partis en province étaient plus souvent mariés, et mouraient donc plus souvent chez eux que les sujets restés parisiens, alors que les femmes seules sont parties plus tard en province, pour se rapprocher de leurs enfants ou entrer dans une institution. Une part importante des migrations tardives se fait vers des maisons de retraite, voire des longs séjours, souvent dans le Bassin parisien.

La part des décès à domicile est supérieure en haut de l’échelle sociale, mais pour les hommes seulement : on n’observe pas la même chose pour les femmes, sans doute parce que les femmes aisées, qui vivent très âgées, ont souvent les moyens d’entrer, quand c’est nécessaire, dans une “bonne ” maison de retraite, quand les femmes des milieux les plus modestes évitent, tant qu’elles le peuvent, ce qui reste à leurs yeux I’“ hospice ”.

Jusqu’à 87-88 ans, la part des décès à domicile diminue peu avec l’âge, beaucoup moins qu’on le croit, et la diminution est largement due à ce que les femmes, le plus souvent non mariées en fin de vie, deviennent avec les années de plus en plus nombreuses parmi les décédés. Parmi les hommes mariés, nombreux encore aux âges élevés, elle ne diminue pas avec l’âge, comme si l’âge de l’épouse qui prend soin d’eux n’avait guère de conséquence. La part des décès dans les institutions d’hébergement, on s’en doute, augmente beaucoup avec l’âge : 5 % des sujets morts avant 80 ans, 18 % de ceux qui sont morts a 85-90 ans. Mais parce que beaucoup de ceux entrés un jour en institution d’hébergement l’auront quittée pour aller mourir dans un lieu de soins, il sera plus intéressant encore d’observer la part de ceux qui auront vécu une partie de leur vieillesse dans une institution d’hébergement : seul le long et patient travail d’établissement du parcours permet de l’observer.


Les parcours de fin de vie

La durée totale du parcours de fin de vie en institution varie de moins de 24 heures à plus de vingt-deux ans. En moyenne elle atteint 308 jours, mais du fait du grand nombre de courts parcours, la durée médiane est de 25 jours. En d’autres termes les parcours les plus longs (1 sur 6) font à eux seuls 90 % des journées des ment. Mais pour les séjours uniquement parcours. Si on distingue les parcours dont au moins un séjour s’est déroulé dans une institution d’hébergement de ceux qui se sont déroulés uniquement dans une ou plusieurs institutions de soins, les durées médianes diffèrent fortement et sont respectivement de 726 et 13 jours.

- Les femmes ont des parcours plus longs que les hommes: 877 et 522 jours pour les parcours avec hébergement, 17 et 12 jours pour les autres. Cette relation entre la durée et le sexe se retrouve presque toujours, quel que soit l’âge ou le statut matrimonial à l’entrée en institution, ou la position sociale du ménage.

- Les parcours commencés à un âge plus élevé sont plus courts. Cela se comprend pour les séjours avec hébergement. Mais pour les séjours en institution de soins, la durée augmente avec l’âge à l’entrée pour les hommes et diminue pour les femmes. Sans doute est-ce lié à des différences de pathologie.

- Le mariage permet dans certains cas d’être soigné plus longtemps chez soi, et retarde l’entrée en institution d’hébergement. Aussi les durées des parcours des individus non mariés sont-elles plus longues que celles des gens mariés! 8l4 jours contre 358 pour les hommes ayant un parcours avec hébergement, 19 jours contre 9 pour les autres hommes. On observe les mêmes contrastes pour les femmes.

- C’est au bas de l’échelle sociale que la durée des parcours avec hébergement est la plus longue: les sujets des catégories populaires entrent plus jeunes en institution, et c’est vrai pour les deux sexes. Le lien entre position sociale et durée des parcours uniquement en institution de soins est moins clair: pour les hommes, il est du même sens que précédemment (sans que l’explication invoquée puisse être la même), mais pour les femmes on ne peut rien conclure.

Les trois quarts des parcours sont faits d’un séjour unique: c’est le cas d’un sur trois des parcours avec hébergement contre 8/9 autres parcours. Si un parcours sur dix est constitué de trois séjours ou plus, c’est le cas d’un sur quatre des parcours avec hébergement mais d’un sur vingt des autres. Il y a bien sûr un lien entre la durée du parcours et le nombre de séjours dont il se compose, ce qui ne permet pas de faire aisément la part de l’un et de l’autre quand on examine leurs rapports avec d’autres caractéristiques.

On peut tenter de regrouper les séjours par types, et caractériser alors les parcours par la succession des types de séjours. Si l’on se contente de deux types, en institution d’hébergement et en institution de soins, 95 % des parcours sont de quatre types : en institution de soins seulement (74 %), en institution d’hébergement seulement (11 %), en institution de soins puis d’hébergement (6 %) et en institution d’hébergement puis de soins (5 %). Les formes “canoniques ” (un séjour par type de séjour&) de ces quatre types de parcours rassemblent 83 % des parcours, mais il reste des parcours dont il faudra décrire la diversité ou la multiplicité des séjours et dont on aura plus de mal à comprendre les raisons.


La part des sujets un jour hébergés

L’hébergement de fin de vie est devenu au XIX~ siècle la hantise des vieillards et de leurs enfants (mettre ses parents à l’hospice), et la fin de vie dans la dépendance et la faiblesse reste une des grandes craintes d’aujourd’hui - bien plus que la retraite, sur laquelle les sciences sociales ont tant travaillé. Les recensements montrent qu’une faible part des gens âgés vivent en institution. Mais la vraie question de savoir combien de ceux, de plus en plus nombreux, qui atteindront le grand âge, iront finir leurs jours dans une institution d’hébergement.

Nous avons pu établir, pour plus de 1 000 sujets décédés, une estimation de la part de ceux qui auront été hébergés dans un long séjour, MAPA-1, section de cure médicale (y compris celles des logements-foyers), maison de retraite, institution pour adultes handicapés ou hôpital psychiatrique. Alors que 13 % y sont morts, nous observons que 18 % y ont vécu –soit près du quart de ceux qui ne sont pas morts chez eux. Bien sûr, la proportion sera plus élevée à la fin de l’histoire, puisque les survivants actuels sont déjà nombreux à résider dans une institution de ce type, et que bien d’autres ont déjà ou auront demain du mal à se maintenir chez eux, ou même chez un enfant. La proportion de ceux qui ont vécu en institution est de 7 % parmi ceux qui sont morts avant 72 ans, de 9,5 % pour les morts de 73-79 ans, puis 20% pour ceux de 80-84 ans, et 31% pour ceux de 85-90 ans. L’augmentation est rapide après 80 ans, et d’autant plus remarquable que les possibilités de maintien à domicile des gens âgés ont fait récemment de grands progrès, grâce à de meilleurs logements et à la mise en place de toute une série d’aides.

- La part de ceux qui ont été hébergés est très liée au statut matrimonial : le mariage reste, même aux âges élevés, un grand protecteur, et seulement 6 % des hommes et femmes mariés décédés sont entrés un jour dans un établissement de ce type: quelques-uns y sont entrés en couple, mais il y a eu aussi des séparations involontaires, et quelques abandons – qui constituent la, forme la plus tardive des ruptures matrimoniales.

- Les différences entre catégories sociales sont plus difficiles à interpréter. Si les gens les mieux placés socialement y entrent au total presque autant que les autres, c’est en partie parce qu’ils vivent plus vieux : 30 % des hommes de ce pane1 anciens ouvriers et employés peu qualifiés étaient encore vivants à 80 ans, 40 % des ouvriers et employés qualifiés, 58 % des professions intermédiaires et cadres, et parmi les femmes les proportions étaient de 54 %, 62 %, 73 %. Mais l’“ offre ” joue aussi un rôle: les familles aisées ont pu accéder moins difficilement à un établissement qui convenait à la fois en termes de localisation, de qualité de vie, de soins disponibles, de prix.



***

C’est à la difficile collecte que nous avons consacré le gros de notre travail. Elle a finalement permis de constituer un ensemble original et cohérent de données biographiques sur les décès et les parcours de fin de vie. L’analyse de ces données, seulement ébauchée, devrait nous éclairer sur les liens entre les caractères des sujets et leurs parcours, et permettre d’aborder trois autres questions.
- La dimension géographique de ces parcours : à quelle distance de chez soi meurt-on, où est-on soigné, hébergé, à quel coût, et pourquoi là? Les enquêtes menées post-mortem auprès des proches pourront aider à comprendre ce qui s’est passé et le rôle de “ l’ offre ”(les établissements de province sont moins onéreux que ceux du Grand Paris).

- Nous disposons pour chaque séjour de caractéristiques issues du fichier FINESS de la DREES. On a utilisé le type d’établissement, mais la taille ou le statut juridique peuvent peut-être aider à comprendre les types de parcours dans la succession des séjours. C’est au niveau du séjour que nous pourrons tenter des comparaisons avec les enquêtes nationales HPA réalisées par la DREES.
- Enfin il serait utile de mettre plus tard en relation décès à domicile, h ébergement, parcours dans les établissements de soins, dans leur durée et leur succession, avec les causes de décès.



Un suivi longitudinal
Nous avons suivi (depuis vingt-cinq ans - c’est un des plus longs suivis de gérontologie), avec l’accord de la CNIL, un échantillon représentatif d’une cohorte de retraités de 1972, de sorte que, grâce à une série de documents et d’enquêtes antérieurs, les 1370 sujets de ce panel sont connus dans leur histoire professionnelle, familiale, résidentielle. Tous sont allocataires du régime dit général de retraite, mais parce que beaucoup des salariés du secteur public et des régimes spéciaux ont cotisé aussi à ce régime, notre panel, né majoritairement pendant la période 1906-l 912, constitue un échantillon représentatif de 85% d’une cohorte de travailleurs ayant achevé leur vie active dans /‘agglomération de Paris. En plus du suivi résidentiel annuel réalisé avec le concours de la CNAV nous avons effectué des enquêtes générales en I975, 1985 et 1995, et des enquêtes sur des points particuliers (logement. mobilité, cohabitation, récit de vie, maintien à domicile.. .) à des dates diverses. Nous avons aussi rassemblé des informations administratives et d‘état civil. Le travail présenté ici concerne la reconstitution des parcours de fin de vie, de façon rétroactive pour les 1083 décédés, et au fur et à mesure pour les survivants. Il s’agit de Parisiens mais aussi d’anciens Parisiens ayant quitté la région parisienne –plus du tiers des sujets sont allés s’installer en province, du tout début de la retraite au grand âge. C’est bien l’ensemble de cette population qu’il fallait observer, parce que les caractéristiques des migrant.s et des non-migrants ne sont pas sans rapport avec leurs parcours de fin de vie. Les partants du début de la retraite sont plus jeunes, plus souvent mariés et en meilleure santé que ceux qui restent, mais après 70 ans les départs concernent plus souvent des femmes seules, souvent en mauvaise santé, et après 80 ans la majorité de ceux qui partent entrent dans une maison de retraite en province.




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noouredine elkarati 15/01/2008 15:38

françoise cribier (suite)
REGARDS CROISES SUR LA PROTECTION
SOCIALE DE LA VIEILLESSE

Cahier d'Histoire de la Sécurité sociale, n°1, 2005

présenté par

Françoise CRIBIER et Elise FELLER

L'allongement de la durée de vie, qui porte surtout désormais sur la vie au-delà de 60 ans, est un phénomène historique de première grandeur, comme l'ont été en leur temps l’urbanisation et l'industrialisation. Dans une vingtaine de pays avancés, où le salariat s'est généralisé, et où l'État moderne a pris la responsabilité des transferts des actifs vers les retraités, des bien-portants vers les malades, vivent aujourd'hui les premières populations dont la grande majorité des sujets, en partie grâce aux progrès de la médecine et de l'accès aux soins, atteignent un âge élevé, et où la vieillesse dure plus longtemps que l'enfance. Cette transformation est venue sans qu'on l'ait prévue. Aucune des grandes prophéties sociales du 19e siècle ne l'avait annoncée, la situation actuelle est sans précédent, et l'évolution difficile à prévoir.
La protection sociale de la vieillesse est une préoccupation majeure de nos sociétés occidentales. Comment aménager des systèmes de retraite conçus dès le 19e siècle dans une Europe en voie d'industrialisation, et généralisés au milieu du 20e siècle en période de plein emploi, quand en France il y avait 22 retraités pour 100 actifs pourvus d'un emploi, tandis qu'ils sont 44 aujourd'hui, et pourraient être 80 au milieu du 21e siècle ? Comment assurer dans ces conditions une pension décente à des hommes et des femmes, qui n’auront pas tous eu un accès régulier au marché du travail, alors que le nombre de cotisants du régime général, même dans l'hypothèse favorable, ne progresserait en 40 ans que de 10%.
Quelles formes nouvelles de solidarité envers les plus âgés faut-il imaginer, quand le soutien familial et les formes existantes de prise en charge ne suffisent pas à répondre à l'extension des besoins ? De 1990 à 1999, le nombre des personnes de 85 ans et plus est passé d'un peu plus d'un million à 1 423 500. Or la demande de soins des gens âgés est depuis 15 ans en forte expansion, et les institutions médicalisées de long séjour sont insuffisantes pour y faire face. Le grand âge reste pour beaucoup de nos contemporains une période d'insécurité, et l'opprobre qui pesait hier sur les “vieillards indigents“ touche désormais l’ensemble des gens “dépendants”, dans tous les milieux sociaux. !
Comment alors respecter le principe d'équité sur lequel doit reposer le contrat entre générations?
Pour replacer ces évolutions dans leur contexte, et aborder ces questions avec le recul nécessaire, ce Cahier propose un éventail de contributions, venues de plusieurs horizons et de plusieurs disciplines, histoire, sociologie, gérontologie sociale, économie, sciences sociales de la santé. Le volume est complété par un hommage à l’historien Peter Laslett, et la présentation de huit ouvrages et deux revues qui éclairent un champ encore trop négligé en France.

noureddine elkarati 15/01/2008 15:26

bonjour pierre
voir les travaux remarquables en geographie sociale et gérontologie de françoise cribier ,j'ai été son éleve menbre de son équipe ,une année en 1990 avant ma maladie ,pendant ma formation ç l'ens_ulm ,on s'est un peu faché .mes travaux sont remarquables voir entre autres :"la vie dure qu'on a eue' et "leogment à l'heure de la retraite" ,il suffit de taper françoise cribier sur google ,elle est dans l'annuaire à sceaux .son fils pascal a dirigé le service urbanisme du conseil général . elle peut tré bien jourer le rôle de conseil c'est une brave femme à forte caractére ...