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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Budget 2019 : « Ambition » et « égalité », mais « rationalisation des dépenses » avant tout.

Publié le 21 Décembre 2018 par Pierre Laporte

Hier, en séance du conseil départemental, parmi les sujets à l’ordre du jour, nous nous sommes prononcés sur le budget primitif 2019.

 

Pour cette année, ce sont 347M€ que le Gouvernement doit au Département.

Dans la continuité de la campagne des « Plumés de l’austérité » initiée dès 2014, nous nous réjouissons de voir que le Président du conseil départemental s’empare de revendications que nous portons depuis plusieurs années.

Nous nous associons donc pleinement à l’initiative qui réclame légitimement cette somme et l’égalité pour la Seine-Saint-Denis.

Ce montant n’est pourtant qu’une toute petite partie de ce qui est dû depuis 2004, alors que c’est bien à l’Etat d’assumer la solidarité nationale en finançant les Allocations Individuelles de Solidarité (APA, PCH, RSA) et le suivi des Mineurs Non Accompagnés.

Le désengagement de l’Etat est la résultante des politiques néolibérales menées sous les mandatures Sarkozy et Hollande, au nom des traités européens et de la baisse de la dépense publique, et qui profitent pleinement à la minorité la plus riche.

C’est cette fracture de plus en plus visible qui met à l’agenda politique, à travers le mouvement des « Gilets Jaunes » la question fiscale et de l’insécurité sociale, mais aussi la question démocratique.

Dans ce contexte, l’heure ne peut plus être à reproduire les mêmes recettes et les mêmes replâtrages.

Si des efforts ont été faits sur certains secteurs, le budget 2019 demeure dans son ensemble fortement empreint de « maîtrise des dépenses de fonctionnement » et de leur « rationalisation », au profit quasi exclusif de l’investissement, en conformité avec la vision libérale défendue depuis 30 ans par tous les gouvernements.

En 2019, les secteurs de l’enfance et de la petite enfance, de la culture, de la solidarité, des collèges, etc, voient leurs moyens humains et financiers, y compris en matière de subventions, diminuer de nouveau.

Si les subventions pour les associations d’éducation populaire sont maintenues, la prévention spécialisée perd elle plus d’un Million en 2 ans

L’apparente de stabilité des dépenses de personnel cache une nouvelle baisse à venir des effectifs.

Malgré un affichage ambitieux, ce budget masque donc une dégradation continue du service rendu au public, ainsi qu’une alarmante dégradation des conditions de travail d’un personnel départemental qui tire la sonnette d’alarme dans la majorité des services.

Le « budget d’égalité » qui nous a été soumis, et qui illustre ce que le Département serait en mesure de faire avec une juste compensation annuelle des allocations individuelles de solidarité et de l’accompagnement des MNA, confirme malheureusement cette orientation.

En dehors d’une enveloppe dédiée aux MNA et à l’accompagnement des enfants de retour de Syrie, ce « budget d’égalité » poursuit la politique de  « maîtrise des dépenses de fonctionnement » et affecte prioritairement les nouvelles recettes à l’investissement et à la dette.

Nous ne partageons pas cette orientation, c’est la raison pour laquelle nous n’avons pas voté le Budget primitif 2019, ni le « budget d’égalité ».

Alors que partout en France un mouvement social historique s’est levé, nous devons y répondre, en tant qu’élus, notamment en confortant les services publics.

C’est pourquoi nous avons lancé l’idée d’un cahier de doléances pour notre département.

Malgré les fortes contraintes que font peser sur les collectivités les politiques de baisse de la dépense publique, nous continuons à défendre et revendiquer que les marges de manœuvre qui existent encore doivent affirmer que d’autres choix sont possibles.

Nous devons, tout particulièrement en Seine Saint Denis où les inégalités sont parmi les plus fortes, tout mettre en œuvre pour contrecarrer la dégradation continue du service public et des conditions de travail du personnel.

Bobigny, le 21 décembre 2018

Silvia Capanema, Pierre Laporte & Azzedine Taïbi, conseillers départementaux

 

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