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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Le Département de Seine-Saint-Denis se dote d'une stratégie pour éliminer le SIDA à l'horizon 2030.

Publié le 16 Février 2018 par Pierre Laporte

Le Département de Seine-Saint-Denis se dote d'une stratégie pour éliminer le SIDA à l'horizon 2030.

C’est avec fierté que j’ai présenté ce jour en séance du Conseil départemental la stratégie issue du rapport « La Seine-Saint-Denis, un département engagé pour la fin du SIDA en 2030 » et avec plaisir que j’ai vu son approbation à l’unanimité.

Il y a près de 40 ans étaient détectés les tout premiers cas de sida en France.

Depuis le début de l’épidémie, le SIDA a causé la mort de 39 millions de personnes.

Aujourd'hui, l'épidémie se poursuit malgré des progrès considérables, en matière de prévention, de dépistage et de traitement et de recherche.

Aujourd'hui, on peut vivre avec le VIH.

Néanmoins, chaque année, en France, 6 000 nouveaux cas de séropositivité sont découverts.

Ce chiffre est stable depuis plusieurs années et prouve que l'épidémie est toujours active, que l'épidémie cachée est toujours importante.

 

C'est ce palier qu'il faut aujourd'hui briser collectivement.

D'autant que la Seine-Saint-Denis est le département métropolitain le plus touché après Paris.

Sur la base de ce constat, le Président Troussel a souhaité confier une Mission à France Lert Epidémiologiste.

Il ressort de ce travail que nous vous présentons ici les éléments suivants :

  • les nouveaux diagnostics réalisés en Seine-Saint-Denis en 2014 représentent 5,9 % des nouveaux cas en France et 13 % des cas d'Ile-de-France, soit 5 fois la moyenne métropolitaine hors Ile-de-France

  • les hommes sont plus nombreux que les femmes parmi les nouveaux diagnostics, avec une augmentation du nombre de cas chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

  • La majorité des nouvelles découvertes concernent des personnes nées à l'étranger, plus particulièrement d'Afrique sub saharienne.

Il faut souligner un point, pour couper court à toute fausse information, toute rumeur, toute polémique.

Non, les personnes qui ont migré vers la France ne sont pas le véhicule du VIH, pas plus qu'elles ne viennent à des fins thérapeutiques.

Une récente enquête, menée sous l’égide de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) et de l’Institut de recherche pour le développement et qui alimente la stratégie que je vais vous présenter, met en lumière une toute autre réalité : la précarité est un déterminant indirect de l'épidémie du VIH. Les difficultés d’accès à un titre de séjour et leurs effets sociaux, comme l'absence de logement stable favorisent les rapports occasionnels. Les femmes sont dans ce contexte de précarité les plus exposées.

La Seine-Saint-Denis est le département métropolitain le plus touché par l'épidémie après Paris, celà incite le Conseil département à agir.

Ce dernier assure par délégation de l'Etat , la lutte contre le VIH, les IST et les hépatites, à travers l'action du Service de Prévention et des Actions de Santé, et du Cegidd départemental. Elle peut aussi compter sur le lieu d'accueil et d'écoute Tête à Tête.

D'ailleurs, si le Département n'était plus là, qui accomplirait ce travail de lutte contre les inégalités de santé mené par nos services ?

Fort de cette légitimité et de son expertise, le conseil départemental s’est engagé hier dans l'objectif 3X90 en 2020 défini par l'ONUSIDA  :

  • 90 % des personnes séropositives connaissent leur statut sérologique

  • 90 % des personnes connaissant leur séroposititivé reçoivent des traitements antiviraux

  • 90 % des personnes sous traitements antiviraux ont une charge virale indétectable, c'est à dire que la quantité de virus présente dans le sang est très faible.

5 orientations ressortent dans la stratégie adoptée :

  • centrer le programme départemental de prévention combinée sur des populations prioritaires : HSH, Populations immigrées d'Afrique sub-saharienne, ainsi que les jeunes pour lesquels l’enjeu de promotion de la santé sexuelle est important

  • aller chercher les publics là où ils se trouvent, en lien avec les professionnels de terrain et les associations qui accompagnent les publics

  • renforcer le programme départemental de dépistage

  • renforcer la prévention (usage du préservatif, de la PreP – traitement antirétroviral préventif pour les personnes qui n'ont pas le VIH mais ont des rapports à grand facteur de risques-

  • lutter contre toutes les formes de discriminations, parce que chaque discrimination (sérophobie, homophobie, xénophobie) entraident des atteintes aux droits fondamentaux qui éloignent les personnes des pouvoirs publics, des professionnels ...

Il s'agit avant tout d'une réorientation de nos actions actuelles, dans l'objectif d'une meilleure adaptation aux évolutions de l'épidémie et d'une réaffirmation du positionnement du Département qui sera utile au plus grand nombre.

Nous pouvons en effet compter outre sur les services que j'ai mentionnés, sur un tissu associatif avec lequel cette stratégie a été élaborée et avec lequel nous allons renforcer les coopérations.

Nous devrons compter également sur les villes du département pour participer, avec leurs moyens, dans le cadre de leurs prérogatives, à cette démarche.

Il faut enfin noter que notre démarche n'est pas isolée. La Ville de Paris ainsi que la région Ile-de-France ont mené des démarches similaires et adopté des stratégies visant à endiguer le SIDA à l'horizon 2030. Et nous saurons travailler de concert pour tenir cet objectif.

Nous aurons l'occasion dès le mois de Mars d’inviter l’ensemble des acteurs départementaux à une rencontre afin de leur présenter plus en détail cette stratégie et les perspectives de collaboration.

 

 

 

 

 

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