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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Du financement du RSA, encore une fois, et des mensonges de la droite, une fois n'est pas coutume.

Publié le 18 Octobre 2017 par Pierre Laporte

Du financement du RSA, encore une fois, et des mensonges de la droite, une fois n'est pas coutume.
Ce mercredi 18 octobre, dans les colonnes du Parisien, le Président Troussel a annoncé que le Département ne verserait pas les 40M€ nécessaires pour compléter le financement du RSA d'ici à la fin de l'année.

Les lecteurs de ce blog savent que les élus du groupe Front de Gauche au conseil départemental mènent un combat permanent afin que l'Etat compense à l'euro l'euro les allocations individuelles de solidarité.

Je me satisfait de voir que le Président Troussel se range à une proposition minoritaire dans notre groupe, avancée durant la préparation budgétaire 2017 et qui nous avait alors valu d'être regardés comme des "irresponsables" ...

En réalité, c'est un moyen de peser plus fort dans ce débat sur le financement de la solidarité nationale. Car aujourd'hui, le débat sur les dépenses sociales des départements permet aux uns de crier à la baisse de la dépense publique -avec en arrière plan la réforme territoriale et la suppression des départements -, aux autres, de poursuivre leur chasse aux pauvres.

Du financement du RSA, encore une fois, et des mensonges de la droite, une fois n'est pas coutume.

Après la nauséabonde sortie de M. V Monany en séance du conseil départemental qui illustrait très clairement la porosité entre les idées d'extrême-droite et les celles de la droite départementale, c'est M. JM Bluteau, président du groupe Les Républicains qui, répondant à S Troussel, remet sur le tapis ses vieux fantasmes : pauvres = fraudeurs.

Ce n'est que la seconde fois, mais la pédagogie étant l'art de la répétition, mais je voudrais rappeler à M Bluteau trois choses qu'il continue de feindre d'ignorer.

Premièrement, chaque allocataire a des devoirs : « Le bénéficiaire du RSA a certaines obligations d’insertion dès lors qu’’il est sans emploi ou lorsqu’en moyenne, ses revenus d’activité professionnelle sont inférieurs à 500 euros par mois » .

Le RSA a ainsi imposé un contrat d'engagement réciproque dans lequel l'allocataire s'engage à s'inscrire dans un projet social et professionnel, avec un accompagnement et un suivi tous les 3 mois.

Deuxièmement, si M. Bluteau avait l'ambition de faire autre chose que stigmatiser avec une évidente arrière pensée idéologique qui fait écho aux propos récents du nouveau président des riches, M Bluteau se renseignerait et constaterait qu'en 2016, 99,7% des allocataires sont au-dessus de tout soupçon, selon la branche famille de la CAF (qui gère les allocations handicap, le RSA, ... ).

M. Bluteau ne voit-il pas que les quelques 3,6% de fraudeurs ne suffiront pas à financer le RSA ou bien se rendrait-il coupable de propager des contre-vérités?

En Seine-Saint-Denis, en 2014, la CAF a constaté 548 fraudes, soit 0,54 % des allocataires !

Enfin, sourd à la réalité du non recours aux droits, on ne l'entend jamais demander que nous fassions davantage d'efforts pour aller chercher les 36% de personnes éligibles au RSA mais qui n'en bénéficient toujours pas ! Mission que nos services pourraient remplir si l'on ne réduisait pas chaque année leurs moyens.

A l'heure où se profile une centralisation technocratique entre les mains de la métropole du Grand Paris dirigée par la droite, les propos de ses représentants au sein de notre assemblée laissent peu de doute sur la réalité de leurs intentions et le possible avenir qui en découlerait pour les politiques sociales et pour un grand nombre de nos concitoyen-ne-s ...

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