Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Centre d'études nucléaires du Fort de Vaujours-Moronvilliers, pourquoi tant d'opacité ? (Communiqué)

Publié le 4 Avril 2017 par Pierre Laporte

Au printemps 2016, une délégation composée de Mireille Lopez (Association de Défense de l’Environnement de Claye-Souilly et ses Alentours), Francis Redon (France Nature environnement 93), Dominique Dellac et Pierre Laporte, conseillers départementaux de la Seine-Saint-Denis, s'est rendue à Pontfaverger-Moronvilliers, dans la Marne.
Elle a été accueillie par M. Damien Girard, maire, et M. René Petitprêtre, Président de l’association de défense de l'environnement de Pontfaverger et sa région.
Moronvilliers abritait jusqu'en 2014 un centre de recherche du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) rattaché à la Direction des Applications Militaires (DAM) de l'Île-de-France. Le Polygone d'Expérimentation de Moronvillers a été implanté dans l'ancien camp militaire en juin 1957. Rattaché au Centre d'études nucléaires du Fort de Vaujours, il est conçu pour réaliser des tirs en dehors de l'environnement urbain du centre de Vaujours.
A Vaujours, la recherche et l’expérimentation.
A Moronvilliers, essentiellement, l'expérimentation et la destruction par brûlage des déchets radioactifs.
Des documents internes du CEA, notamment ceux du CHSCT commun aux deux sites, attestent du lien étroit entre les deux sites, y compris donc, en termes de matériaux et de risques pour la santé et l'environnement.
D'ailleurs, M. Damien Girard connaît très bien l'histoire et les petites histoires de Moronvilliers. Comme celle de ces salariés d’une entreprise extérieure assurant le déplacement des déchets radioactifs qu'il était courant de voir travailler sans combinaison alors que les techniciens étaient équipés de protections …
Cette connaissance est précieuse pour comprendre et mieux cerner les enjeux des travaux en cours sur le Fort de Vaujours, face au refus de la levée, même partielle, du secret défense qui encadre le site.
C'est la raison pour laquelle nous avons demandé aux Préfectures de Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis d'inviter MM. Girard et Petitprêtre afin que ces derniers puissent nous faire part de leur expérience.
Cette demande a été rejetée. Pourquoi ?
En février 2017, une commission d’informations a été mise en place sur le site et installations d'expérimentations nucléaires intéressant la défense (SIENID) de Moronvilliers.
M. Girard a proposé aux élus et représentants associatifs de Seine-Saint-Denis de participer le 15 mars dernier, à la réunion de cette commission.
Nouveau refus. Pourquoi ?
La réponse se trouve sans doute dans les zones d'ombre de ce dossier.
Lors de la tenue de cette commission à Moronvilliers, ce 15 mars, tous les participants ont été sommés de déposer leurs téléphones avant d’entrer dans la salle de réunion.
Pour que rien ne soit enregistré ni communiqué à l’extérieur ?
Y a-t-il une législation en la matière ou considère-t-on que les élus et associations représentant la population ne sont pas des interlocuteurs majeurs ?
Surtout, ce 15 mars, la présentation de diaporama a permis à la CRIIRAD de mettre en avant et faire reconnaître par le CEA que de l'uranium de retraitement issu de centrales nucléaires avait été utilisé au SIENID de Moronvilliers.
Alors que cet uranium comporte un pourcentage de produits radioactifs beaucoup plus dangereux, comme le plutonium et le polonium par exemple, cette information essentielle pour la sécurité, la santé et l’environnement a été passée sous silence jusqu'alors.
Pourtant, 2,7 tonnes d'uranium sont conservés sur le site de Moronvilliers, soit des centaines de fûts de déchets radioactifs.
Ces fûts ont dernièrement été rangés sur le terrain, sous un hangar en bâche plastique mais les membres de la commission n'ont pas eu l'autorisation de les approcher pour voir la date d'emballage et connaître ainsi depuis combien d'années ils ont été « oubliés » sans surveillance.
Côté Vaujours, le CEA a toujours déclaré avoir fait procéder à une décontamination totale du site en 1998/99. Lors d'une réunion en 2015, son directeur déclarait également que la pollution la plus importante était liée à l'utilisation d’amiante dans les murs des bâtiments.
Or, Placo extrait actuellement des tonnes d'amiante des bâtiments que le CEA avait simplement couchées au sol et recouvertes de terre…
Il faut encore souligner les conclusions de l'enquête indépendante que nous avons pu confier à la CRIIRAD qui met en avant l'insuffisance de contrôle de la radioactivité, malgré les assurances de l'entreprise, mais aussi de l’État et de l'Autorité de Sûreté Nucléaire.
Ces éléments montrent une volonté délibérée d'empêcher l'accès de la population et des élus à l'information pour connaître, comprendre le passé du Centre d'études nucléaires du Fort de Vaujours : refus de croiser les informations et les témoignages sur les sites de Moronvilliers et Vaujours (voir le livre "si Vaujours m'était conté" par le CEA), refus de transmettre une information complète sur l'ensemble des données disponibles, nécessité d'une contre expertise pour vérifier le contrôle du site, …
A l'heure où l'activité de Placo contredit les affirmations du CEA sur l'état de pollution du site, à la veille du dépôt par l'entreprise de la demande d'autorisation d'exploiter la carrière de gypse, ce refus de transparence de la part de l'Etat et de Placo nous renforce dans notre volonté de nous mobiliser, pour obtenir des réponses claires à nos interrogations et le renforcement des contrôles sur le site et à la sortie du site de Vaujours.
Ce sont les conditions à nos yeux de la poursuite des travaux et de l'exploitation d'une carrière sur le Fort de Vaujours.
Pour le site de Moronvilliers, nous exigeons l'installation d'une Commission de suivi de site et la réalisation d'expertises indépendantes permettant une évaluation de la contamination qui ne s'appuie pas sur les seules affirmations du CEA. Nous demandons d'ici là que les documents présentés le 15 mars dernier soient communiqués aux participants de la réunion de la commission d’informations sur le SIENID de Moronvilliers.
 
François Cochain,
Dominique Dellac
Damien Girard
Pierre Laporte
Mireille Lopez
René Petitprêtre
Francis Redon


 

Commenter cet article