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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Retour sur le vote du budget du Conseil départemental (Le Parisien)

Publié le 11 Mars 2016 par Pierre Laporte

En réalité, contrairement à ce qu'indique dans l'article la légende de la photo, ce sont 4 et non 2 conseillers départementaux qui n'ont pas voté le budget.

En réalité, contrairement à ce qu'indique dans l'article la légende de la photo, ce sont 4 et non 2 conseillers départementaux qui n'ont pas voté le budget.

Sebastien Thomas | 10 Mars 2016, 18h32 | MAJ : 10 Mars 2016, 19h48

Un an à peine après avoir été réélu à la tête du conseil départemental, Stéphane Troussel, président PS, doit (encore) s’accommoder de ses remuants partenaires Front de gauche.

Et pas des moindres puisque, parmi ceux qui se sont abstenus lors du vote du budget ce jeudi matin figurent deux vice-présidents.

Principal point de rupture : la baisse de financement (-9 M€) des crèches municipales. La charge a été lancée par Pierre Laporte. Après avoir essentiellement tapé sur la politique du gouvernement, le vice président communiste en charge des solidarités s’en est pris au budget. «Il comporte des bonnes choses mais aussi des régressions, regrette-t-il. Comme cette baisse des aides aux crèches municipales. Cela va à l’encontre de notre mobilisation contre l’austérité.»

Mais l’attaque la plus virulente est venue de Sylvie Capanema, vice-présidente à la Jeunesse. «Il y a eu un manque de concertation et d’ambition sur ce budget, critique-t-elle. Cela ne sert à rien de créer de nouvelles places en crèches, si derrière, vous ne créez pas les conditions pour les faire fonctionner. » Ainsi Saint-Denis perd plus de 877000€, Aulnay 780000€, Les Pavillons-sous-Bois 280 000 € et Stains plus de 100000€…

Ces propos ont prodigieusement agacé le président Troussel qui voit là «une posture » (NDLR : Sylvie Capanema est également conseillère municipale à Saint-Denis). «Les dépenses de fonctionnement des crèches municipales ne sont pas de la compétence du conseil départemental, martèle-t-il. Nous étions d’ailleurs les derniers à le faire en France. Et si cétait le cas, c’est parce que nos finances nous le permettaient, ce qui n’est plus vrai aujourd’hui. Par ailleurs, la ville de Saint-Denis n’a pas trop à se plaindre car nous lui versons près de 3 M€ par an d’aide au fonctionnement. Quant au manque de concertation, cela me surprend car les débats ont lieu depuis juillet 2015. C’est d’ailleurs le Front de gauche qui a réclamé et obtenu de repousser la séance du budget. »

Les «rebelles » n’ont donc pas osé franchir la ligne rouge du vote contre comme cela avait été le cas il y a quelques années avec des élus PC. «On leur a dit que si c’était le cas, ils perdaient leurs postes et les indemnités qui vont avec. Si notre budget ne les a pas convaincus, cet argument, si », persifle un conseiller PS.

Voté de justesse 

On se serait cru à la veille d’une élection départementale, jeudi matin, lors de la séance du budget. Ca tirait dans tous les sens. Au final, le texte a été adopté sur le fil avec 20 voix pour, 18 contre et 4 abstentions... après pas moins de 15 interventions.

Il n’y a pas que les rebelles Front de gauche qui ont malmené Stéphane Troussel, le président PS du conseil départemental. La droite s’y est aussi largement employée. Avec une augmentation de 9,5% de la taxe sur le foncier bâti, l’opposition avait de quoi faire. Tout y est passé ou presque. «Idéologie marxiste» et «gabegie budgétaire» pour Jean-Michel Bluteau patron du groupe LR qui a aussi parlé d’une «augmentation fiscale honteuse» et d’une «dette abyssale».

Aude Lagarde, à la tête du groupe UDI, n’a pas été moins offensive. «Avec une dette qui augmente de 2,3%, quel héritage allez-vous laisser aux générations futures ? s’offusque-t-elle. Par ailleurs, ce ne sont pas que les propriétaires qui seront touchés par cette augmentation car ils la repercuteront sur les loyers».

En contre-attaque, Stéphane Troussel cite un proverbe africain : «Quand on grimpe au cocotier, encore faut il avoir le derrière propre. Vous critiquez mais vous ne proposez aucune solution. Vos amis de droite ont augmenté la taxe de 15% en Seine-et-Marne, 29% en Essonne et dans le Val d’Oise et même 66% dans les Yvelines. En outre, nos empruntons moins cette année que nous ne remboursons, donc nous faisons baisser la dette».

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