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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Etat d'urgence sociale en Seine Saint Denis.

Publié le 18 Janvier 2016 par Pierre Laporte

Etat d'urgence sociale en Seine Saint Denis.

Ma déclaration lors de la séance d'orientations budgétaires du 14 janvier 2016.

Monsieur le président, chers collègues, je pense que nous sommes, dans ce débat d'orientations budgétaires, dans un moment très grave, puisque pour faire simple nous disons que nous ne paierons pas tout le RSA.

J'ai vu que nos collègues de l'Essonne prenaient d'autres mesures en écrivant aux associations qui portent l'hébergement des personnes handicapées et des personnes âgées pour leur dire que le Département ne versera pas toutes les aides, qu'elles seront réparties sur plusieurs années. On voit bien là l'absurdité de la situation.

On peut critiquer de telles positions, mais je reviendrai particulièrement sur les interventions de Mme Lagarde et de Mme Maroun.

Madame Lagarde soulignait que le président avait fait des efforts pour réduire les dépenses, etc., mais qu'il fallait aller plus loin et que cette réflexion pourrait être selon elle, « consensuelle ». Elle a d'ailleurs trouvé une formule jolie : « travailler main dans la main » avec les syndicats pour réduire les dépenses, régulariser le temps de travail, etc.

Je pose tout de même une question à mes collègues de droite : puisqu’il faut s'appuyer sur les syndicats et travailler main dans la main avec eux, pourquoi dans nombre de communes vous supprimez les bourses du travail, les subventions qui leur sont versées ? Si l’on veut travailler main dans la main avec les syndicats, on ne commence certainement pas comme cela.

Deuxièmement, toujours au sujet syndicats, je dois dire qu'en ce moment, rien ne va. J'ai demandé que l'on vous diffuse un appel de la CGT contre la condamnation à 9 mois de prison ferme des délégués Goodyear, qui ont séquestré, pas très longtemps, les cadres de leur entreprise.

Ceci signifie que pour mener la politique actuelle, le gouvernement est prêt à la répression anti-syndicale comme il l'a déjà montré contre les personnes qui manifestaient et manifestent toujours contre les grands projets inutiles, contre les écologistes et militants gardés à vue durant la COP21

.

Ce que je souhaite exprimer ici, c'est que si vous voulez défendre les syndicats, vous avez la possibilité de signer l'appel de la CGT qui est à votre disposition, de nous le remettre et on le portera à la CGT.

Ceci étant dit, il faut bien mesurer une chose. On est tout de même schizophrène !

D'un côté, le gouvernement mène une politique que vous critiquez, madame Lagarde, alors qu’il met en œuvre tout ce à quoi Sarkozy aurait rêvé : le CICE sans contrôle de l'emploi créé, puisque dans ce département le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter, de même que la précarité et la fragilité des habitants ; la casse du Code du travail ; la diminution des charges des entreprises comme on ne l’a jamais vue auparavant ;le blocage des salaires des fonctionnaires ; et la répression anti-syndicale face aux fermetures d'entreprises.

Je ne vois donc pas en quoi cette politique vous contrarie, puisque c'est tout de même celle que vous défendez depuis longtemps.

Bien sûr, je fais des nuances entre les personnes de droite.

La dernière fois dans mon intervention, j’avais posé la question au président du Conseil départemental : êtes-vous comme M. Valls, qui préfère M. Raffarin à Clémentine Autain ?

Certains de mes collègues de droite m’ont dit, M. Raffarin, ce n'est pas le diable.

Je vous rappelle toute de même que M. Raffarin, est à l'origine de notre situation financière !

Le RSA avec la non-compensation des dépenses et le fait que ce n'est plus, comme l’était le RMI, un financement national, c'est bien lui qui en est à l'origine.

Ce n'est pas pour cela qu'il faut le vouer aux gémonies, mais quand même. Ce bon monsieur Raffarin nous met dans la difficulté principale que nous rencontrons aujourd’hui.

Madame Lagarde, vous avez dit quelque chose de fort juste : effectivement, les allocataires du RMI sont insuffisamment suivis, il faudrait donc avoir davantage de personnels.

Dans mes secteurs, des postes d'assistants sociaux, etc., sont vacants et je constate un manque criant de moyens sur le terrain pour suivre socialement les personnes les plus fragiles.

Votre discours et mon constat m'amènent donc à ne pas comprendre pourquoi certaines villes de droite disent au département « l'action sociale, c’est votre compétence, débrouillez-vous », et ferment leur service social.

Avouez qu'il y a là tout de même des choses pas très explicites !

Donc, au niveau financier, nous voyons une croissance des dépenses sociales.

Elles sont essentiellement dues aux dépenses obligatoires que sont le RSA, l'ADPA, la PCH, etc.

A l'inverse, dans les services, le personnel souffre, et quand on parle de filet social, dans les circonscriptions de service social, il est déjà largement déchiré. Dans les PMI également on manque de personnel.

Il y a, il est vrai, notamment pour les médecins, les conséquences « géniales » d'une orientation de droite qui disait à une certaine époque que pour diminuer les dépenses de santé, il suffisait de diminuer le nombre de médecins. On le paie gravement aujourd'hui.

Si l’on regarde l'état des lieux dans les services sociaux, les PMI, les crèches, etc. il n'est pas brillant, parce qu’on demande de serrer la vis.

Ceci n'empêche pourtant pas l'augmentation des dépenses de fonctionnement ni la difficulté à réaliser des investissements.

En effet, la politique menée en matière de construction des collèges est complètement indispensable. Elle n’atteint d’ailleurs sans doute pas le niveau des besoins qui s’expriment aujourd’hui.

De même, celle que nous menons en matière de création de places en crèches ou d’autres modes de garde est complètement indispensable.

Mais je vous poserai seulement la question : si vous créez de nouvelles places en crèche et que les villes n'ont pas les moyens de les financer ni d'assumer le personnel, à quoi cela sert-il?

Quand M. Sarkozy ne remplaçait pas les postes de l'Éducation nationale au moment des départs en retraite, à quoi cela servirait de construire des collèges sans enseignants? On court encore aujourd'hui après des enseignants en mathématiques, etc., pourquoi ? Parce que la fonction est neuve mais difficile, et que les salaires sont trop bas. Telle est la réalité des choses.

Cette politique-là, vous la critiquez madame Lagarde, mais ce serait la vôtre, sans doute plus accélérée, plus profonde si vous arriviez en 2017 au pouvoir.

Je termine sur un dernier point : nous ne sommes pas derrière président, ni même à se côtés mais tous simplement ensemble, parce que dès 2004, nous avons été contre la création du RSA sous la forme actuelle, il faut le rappeler.

Donc, comme le dit M. Bedreddine, nous n'allons pas à Matignon pour obtenir 5, 10, ou même 50 M€. Nous n'y allons pas pour faire la mendicité.

Nous ne sommes pas non plus d'accord pour que l'on prenne une nouvelle fois l’argent dans la poche des citoyens. Je rappelle que c'était le propos de Claude Bartolone quand il était président du Conseil général. Je regrette que le gouvernement socialiste n'ait pas déjà mis fin à cette injustice qui consiste à faire payer leur pauvreté et leur précarité aux habitants du département. Voilà la réalité.

Pour cela, M Bedreddine a raison, nous avons besoin de temps. Nous n'en aurons jamais assez pour aller au delà de visites à Matignon - et j'espère qu'elles apporteront satisfaction- mais pour mener aussi une mobilisation des populations, des élus et des associations.

Car comme vous le disiez, la situation des villes est également catastrophique et la situation du département nourrit aussi les difficultés des villes.

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