Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

La gauche du PS veut une autre politique

Publié le 5 Février 2015 par Pierre Laporte

La gauche du PS veut une autre politique

Le courant de Hamon dézingue Valls et Macron dans sa contribution

LE SCAN POLITIQUE - «Un monde d'avance», le courant de l'ex-ministre Benoît Hamon, propose aux membres du PS de signer une contribution particulièrement sévère avec la politique du gouvernement.

La bataille pour le congrès du PS de juin s'accélère. Les militants socialistes sont appelés à cosigner les différentes contributions avant qu'elles ne débouchent sur des motions qui seront soumises aux votes des adhérents le 21 mai. Parmi toutes les contributions qui doivent être déposées au plus tard samedi, pour le conseil national du parti, celle du mouvement de Benoît Hamon, «Un monde d'avance», risque d'iriter Manuel Valls et Emmanuel Macron.

Dans un premier extrait public de la contribution du courant «Un monde d'avance» (aile gauche du parti), les auteurs estiment qu'il est «parfois difficile de militer au nom du Parti socialiste aujourd'hui». «Sinon pourquoi serions-nous si peu nombreux? Cela doit-il nous décourager, nous faire changer de trottoir?», se demandent-ils. Souvent présentés comme «frondeurs», les partisans de Benoît Hamon regrettent que l'état major de la rue de Solférino leur demande plus d'unité. «La responsabilité, c'est l'unité, entend-on. Encore faut-il éviter de provoquer la division dans son propre camp par des déclarations ou des décisions éloignées de nos convictions communes pour ensuite exiger l'unité au nom du péril du Front national qui menace».

«Le réalisme, ce n'est pas la soumission aux axiomes de l'adversaire»

C'est ensuite au tour de Manuel Valls d'être visé. Son déplacement, la semaine dernière, en Chine, est dans le viseur de l'aile gauche du PS. «Quand, en outre, dans nos propres rangs, on va chercher un peu de popularité en ridiculisant les valeurs passéistes du socialisme, on fragilise davantage le travail militant collectif. Vanter en Chine les possibilités de licencier en France pour attirer quelques investisseurs supplémentaires sonne comme une soumission inacceptable à la course mondiale, au moins disant social que l'on croyait jusqu'ici réservé à nos adversaires politiques».

Dans la suite du texte, encore à l'état de document de travail, mais que Le Scan a pu consulter, la critique se poursuit, l'occasion de revenir sur le constat d'apartheid fait par Manuel Valls aux lendemains des attentats. «Qu'avons nous fait de la République? Il faut commencer par arrêter de nous payer de mots, sauf à prendre le risque d'une catastrophe démocratique». La contribution se poursuit: «Il était illusoire de penser sans conséquences, la réduction des moyens directs de l'État ou des moyens délégués aux collectivités locales ou aux acteurs associatifs. Moins d'État c'est moins d'égalité donc moins de République», tranchent Benoît Hamon et ses soutiens.

«Cette résignation ne nous sera pas pardonnée»

«Confrontés à l'exercice du pouvoir, nous sommes naturellement contraints de tenir compte de la réalité (...) (Mais) le réalisme ce n'est pas non plus l'obéissance au monde tel qu'il est. Le réalisme, ce n'est pas la soumission aux axiomes de l'adversaire. Le réalisme ce n'est pas de chercher récompenses et satisfecit de ceux qui ont juré la perte des conquêtes sociales dont nous sommes à la fois les héritiers et les responsables. Cette résignation ne nous sera pas pardonnée», lâche encore «Un monde d'avance».

Le texte s'en prend ensuite à Emmanuel Macron, le ministre de l'Économie. «C'est ainsi que par exemple, on franchit sans s'en rendre compte une frontière théorique cruciale en abandonnant le principe du droit au repos dominical au profit de la liberté individuelle de travailler le dimanche. Historiquement, la gauche française s'est battue pour libérer du temps et réduire la durée du travail. Désormais, elle milite pour le ‘droit' individuel de travailler là où elle avait auparavant conquis le droit collectif de se reposer et de se retrouver». Et de tancer sévèrement le protégé de François Hollande: «Au fond, c'est une vision pessimiste de l'avenir qui a pris le pouvoir, une vision qui, si elle semble inviter chacun à prendre sa place à la table de la mondialisation, valide dans les faits la primat de la loi du plus fort, du mieux né, du mieux loti, du mieux doté».

Interrogé par Le Scan, l'entourage de Benoît Hamon n'a pas voulu commenter les extraits qui n'étaient pas encore publics.

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/couacs/2015/02/04/25005-20150204ARTFIG00395-le-courant-de-hamon-dezingue-valls-et-macron-dans-sa-contribution.php

Commenter cet article