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Le blog de Pierre Laporte

Blog politique d'informations et d'échanges d'un élu conseiller départemental et maire-adjoint de Tremblay en France en Seine St Denis. Blog basé sur la démocratie participative. Chantier ouvert sur l'avenir de la Gauche.

Vote du budget 2015, mon intervention en séance

Publié le 18 Décembre 2014 par Pierre Laporte

Vote du budget 2015, mon intervention en séance

Pour le vote de ce dernier budget de la mandature, nous nous retrouvons dans une situation exceptionnelle.

En effet, le gouvernement est socialiste, le président du Conseil général est socialiste et pourtant, c'est la première fois que, depuis la création de la Seine St Denis, nous risquons de voir le Département basculer à droite.

Cette menace de basculement est bien réelle.

Non pas que les assemblées ne puissent pas changer de majorité, c'est la démocratie.

Mais ce changement se traduirait par l'aggravation de la situation des habitants et des salariés du Conseil général. Depuis le temps que nos collègues de droite annoncent qu'ils feraient des économies de personnel : 130 milliards d'économies, voilà le montant de réduction de la dépense publique que défend la droite!

Depuis le temps qu'ils nous disent qu'il faut réduire les dépenses sociales : rappelons nous les assauts contre le RSA, ou contre les allocations de solidarité en direction des personnes âgées dont M Bluteau fustige régulièrement le montant ! Etc..

Quant au front national c'est ce qu'il fait, avec la plus grande brutalité là ou il a pu être élu lors des dernières municipales.

Comment en sommes nous arrivés là?

Comment le Parti socialiste peut-il envisager des résultats aussi désastreux aux élections Départementales sans s'interroger?

Ces résultats ne seront ils pas le résultat du mépris envers les électeurs qui vous ont donné le mandat de mettre en œuvre une autre politique que celle de Nicolas Sarkozy.

Ne sont elles pas la conséquence du reniement des engagements de François Hollande et de la désespérance que ce reniement engendre?

Regardons la situation des villes mobilisées dans le mouvement des Plumés de l'austérité. On ne peut pas dire que nous sortons la tête de l'eau!

Ce reniement de toutes les valeurs de gauche va jusqu'à la volonté affichée du premier ministre de faire disparaître le Parti socialiste. Même Monsieur Cambadélis s'interrogeait avant hier à la télévision sur le risque de mort du PS. Mais s'il y a des coupables, il faut les rechercher dans les rangs du gouvernement.

Plus grave encore, Pierre Moscovici fait la tournée des popotes en Europe : « mon ennemi, c'est la finance » ! faisait il dire au candidat Hollande en 2012, dont il était directeur de campagne.

Autre son de cloche aujourd'hui : les marchés financiers s'inquiètent, alors Pierre Moscovici, maintenant commissaire européen à l'économie va jusqu'à pratiquer l'ingérence dans des affaires nationales, en l'occurrence en Grèce.

Pourquoi ? Pour défendre les intérêts de la Troika, pourtant responsable d'une crise sanitaire et sociale majeure et afficher le soutien inconditionnel des sociaux-démocrates aux plans d'austérité qui ont créé un chaos sans précédent en Europe.

En somme, l’ancien directeur de campagne de François Hollande préfère rassurer la finance plutôt que soutenir la gauche, représentée en Grèce par Siryza !

Voilà le contexte politique dans lequel vous nous présentez, Monsieur le Président, un budget pour 2015.

Oui ce budget marque un effort important sur la construction et la rénovation des collèges, mais les dernières mesure gouvernementales laissent planer une réelle incertitude sur les moyens humains et financiers pour faire vivre ces collèges et assurer les apprentissages de la jeunesse de Seine-Saint-Denis. De même que l'absence d'informations plus précises sur le financement de ce plan laisse planer l'ombre du recours au PPP et donc de dérives financières à moyen et long terme.

Un plan pour la petite enfance se déploie sous l'impulsion de B Bagayoko et cet effort est nécessaire, mais il ne sera pas suffisant car la Seine St Denis qui est département jeune avec une forte démographie, a besoin de mesures à la hauteur.

Bien sur vous avez aussi mené des discussions serrées avec l'Etat, sans nous au passage, pour obtenir des moyens. Mais ce qui a été accordé est très en deça de l'injustice qui est faite aux séquano-dyonisiens.

Que les allocations de solidarités, celles qui rêvent de supprimer la droite, ne soient pas payées par ses habitants de Seine-Saint-Denis mais par la solidarité nationale, voilà la grande réforme que nous attendons et que le gouvernement a renoncé à mettre en place.

Sur ce point particulier, rappelons-le, leur comptabilisation, cumulée chaque année avait été entreprise par Claude Bartolone et avait justifié alors, sur notre insistance, le vote d'un budget en déséquilibre.

Mais ça c'était avant, car curieusement, depuis l'installation du gouvernement socialiste ni votre groupe, ni Claude Bartolone n'avez plus évoqué la juste compensation par l'Etat de ces dépenses de solidarité nationale.

Ce sont pourtant 2,5 milliards qui manquent à la Seine-Saint-Denis.

C'est là la réelle épée de Damoclès qui pèse sur nos finances, sur le département et par conséquence, sur les habitants.

Elle contraint à ce que chacune des mesures positives présentes dans ce budget soit permise par le biais de coupes budgétaires dans d'autres secteurs et particulièrement par la réduction de l'aide aux communes, aux services publics, aux associations. Soit 35 millions par an depuis 2008 en moyenne.

Mes camarades détaillerons cet aspect.

Cette dette de l'Etat à notre égard est une plus grosse épée de Damoclès que les emprunts toxiques dont vous dites nous avoir débarrassé.

Le budget 2015 est donc nettoyé des emprunts toxiques, c'est une bonne chose, mais

Primo, il est évident pour tout le monde que nos difficultés financières ne sont pas réglées pour autant.

Secondo ce nettoyage a un prix très lourd que nous devons à Bercy, aux députés et sénateurs socialistes : ce coût c'est d'une part celui de l'arrêt des poursuites contre les banques alors même qu'il est prouvé qu'elles ont agi de façon malhonnête et d'autre part la négociation avec celles ci des paiements des remboursements anticipés à des taux très élevés.

Car nous avons souligné que le taux proposé entre 3,5 et 3,9% était très loin des taux que la BCE accorde aux banques elle mêmes.

Le combat n'en continue donc, il faut renégocier ce taux, il faut construire un nouveau système bancaire de financement public alors qu'avec la droite vous avez contribué à détruire celui qui existait.

A l'inverse de ce pôle public, les banques ont été renflouées par les contribuables et elles continuent impunément, comme la société générale et le crédit agricole, à pratiquer l'évasion fiscale avec l'aide du spécialiste luxembourgeois, monsieur Junker, ci-devant Président de la commission européenne.

Il faut enfin souligner que cette « fin des emprunts toxiques en Seine-Saint-Denis » pour vous citer, est en réalité un dispositif d'escamotage de 18 milliards induments ponctionnés par les banques qui est condamné par l'Association des acteurs publics contre les emprunts toxiques.

Cette association a d'ailleurs décidé, notamment, de saisir la Commission Européenne, la Cour de Justice de l'Union européenne..

Cette association, vous en êtes le trésorier et vous même aviez déclaré « Exonérer les banques de leur responsabilités, par un texte législatif, une loi de validation, serait inacceptable si une véritable solution globale et définitive n'était pas dans le même temps apportée aux collectivités victimes des emprunts toxiques. »

Nous partageons totalement cette analyse.

C'est la raison pour laquelle nous proposons à l'assemblée un amendement au budget qui vise à retirer 22 millions d'Euros des intérêts d'emprunts inscrits au budget 2015 pour compenser la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement.

Il n'y a pas de raison que la population continue de se sacrifier. Il n'y a pas de raison que les banques ne contribuent pas à l'effort national.

Mettre à contribution les profits, taxer les transactions financières sont des mesures de gauche, des nécessités de civilisation. Nous devons les rendre concrètes.

Tel est donc l'état de la situation.

Budgets contraints, compétition internationale qui justifie tous les sacrifices pour une soit disant compétitivité, retour du travail du dimanche, (mais qu'allez vous donc laisser à la droite???), élus qui seraient irresponsables, collectivités qui dépenseraient trop, retraite à 70 ans ...

A longueur de discours, d'antenne, des chroniqueurs économiques grassement payés, c'est le matraquage au quotidien et vous vous étonnez que les français aient peur de l'avenir.

Les populations continuent de voir disparaître les services publics pour renflouer une nouvelle fois, les banques.

Ici, le budget de révolte a laissé la place à la soumission et quelques orientations se détachent mais ne masquent pas l'étendue des coupes budgétaires au détriment des collectivités et de nos concitoyens.

Vous comprendrez Monsieur le président que nous ne voterons pas ce budget en l'état.

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